jeudi 9 octobre 2008

ELECTIONS AUX USA: La guerre de Sarah Palin contre les médias dérape

Un homme politique sait qu'il ne perdra jamais de point à taper sur les médias. C’était déjà ce que faisait George Bush en 2000 et 2004 lorsqu’il disait ne pas lire les journaux parce qu’il préférait obtenir ses informations de ses proches. Dans les débats et en interview, il parlait (tiens, on se met à parler de lui au passé) des « mainstream media » (les grands médias) en ayant l'air de pincer le nez.

On a aussi entendu un concert anti-média à la Convention du parti républicain mené par Sarah Palin (qui avait oublié qu’elle a fait des études de journalisme et a été journaliste) s’en prenant, après l’ex maire de New York Rudolph Giulianin, « aux médias élitistes de la côte Est.

(Pour les anglophones, Dana Milbank a tiré une vidéo très drôle de ces fantasmes de connivence des « médias élitistes de la côte Est »).

« Les prétendus grands médias »

A force de chauffer leurs supporters à blanc sur le sujet, les républicains risquent des dérapages.
Ainsi à un meeting de Sarah Palin en Floride, raconte le Washington Post, « des journalistes ont été accueillis par des hurlements et des railleries lancés par une foule de 3000 personnes ».

Palin, dont l’interview par Katie Couric de la chaîne CBS a été un désastre notoire, a dénoncé son « expérience malheureuse d’interview avec les prétendus grands médias ».

A ce moment, d’après le Washington Post :

« Ses supporters se sont tournés vers les journalistes dans la section presse, agitant des bâtons publicitaires dans leur direction et les insultant. D’autres ont crié des obscénités à une équipe de journalistes télés. Un supporter de fan a crié un adjectif raciste à un journaliste noir… »

« Tue le ! »

On ne ferait pas pleurer grand monde avec des histoires de journalistes maltraités mais l’incident pousse à s’interroger sur les effets d’une campagne négative à outrance.

Dans un autre meeting, alors que Palin s’inquiétait à haute voix des fréquentations de Barack Obama (toujours cette histoire de café de fundraising organisé en 1995 par Bill Ayers, un ancien extremiste des Weather Underground), quelqu’un a hurlé « terroriste ! ».

Le journaliste du Washington Post a aussi entendu quelqu’un crier « tue-le ! » ; les agents du service de protection des personnalités vont chercher à en identifier l’origine.

Rue89.com

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