jeudi 24 avril 2008

NÉGOCIATIONS SYNDICATS-PATRONATS-GOUVERNEMENT: Quatre heures de débat pour rien


La rencontre tripartites patronat syndicats et gouvernement qui a eu lieu hier merci au Building administratif n’a pas donné les résultats qu’on attendait d’elle. Elle n’aura d’ailleurs pas servi à grand-chose, selon certains membres de syndicats présents à la réunion. Après quatre heures de discussions, les différentes parties se sont opposées sur les questions d’augmentation de salaires et plusieurs sources de blocage pour ce qui est des propositions faites par les syndicats.
L’examen des rapports des commissions tripartites patronats , centrales syndicales des travailleurs et gouvernement a accouché d’une souris. Cet échec des négociations des trois entités trouvent son origine autour de deux faits : d’une part, au niveau du patronat et des centrales syndicales des travailleurs et d’autre part, entre les centrales syndicales. Selon Mansour Kama, Président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (Cnes), une commission a été érigée pour qu’elle puisse rendre son rapport et ceci n’a pas été fait.
Le patronat juge ainsi la question de l’augmentation des salaires comme une solution quasiment impossible pour l’instant. Ce qui lui fait dire que, « Dans le séquentiel de la négociation, il était entendu que une commission technique devait livrer un rapport. Malheureusement , la commission ne sait pas réunie et les travailleurs voulaient que la question des salaires soit débattue. Par contre, le patronat veut que cette fois que les négociations se fassent secteur d’activité. »
Toujours, sur la même lancée M. Kama a affirmé que cette décision d’augmentation sectorielle des salaires a été émise à la suite d’enquêtes. « A la suite d’enquêtes dans nos entreprises, elles sont techniquement en mesure d’opérer d’augmentation de salaire alors que d’autres ne le sont pas. » Les syndicats de travailleurs ne l’entendent pas de cette oreille et ont opposé un niet catégorique, demandant d’abord, des baisses sur la fiscalité des salaires et sur le prix des denrées de première nécessité. Leur conclusion est la suivante : « Le travail des commissions ne nous satisfait pas et il va falloir que le gouvernement fasse davantage d’effort sur la fiscalité et sur les denrées de première nécessité. » Nous leur avons demandé 10 à 30 milliards de réductions sur la fiscalité sur les salaires », a ajouté Cheikh Ndiaye du Front Unitaire qui regroupe quelques 14 centrales.
Pour l’intersyndicale des syndicats, qui ne sont pas membres du Front unitaire, « rien de concret n’été tiré de cette rencontre. » Elle ainsi les propositions du front unitaire faites à l’endroit du patronat. Ce qui fait dire à l’un de ses responsables, « on a fait une sortie de conversation dans laquelle nous avons harmonisé nos positions. On s’attendait à ce qu’on se concerte à nouveau avant de donner des propositions ce que n’a pas fait les camarades du Front Unitaire et nous le déplorons. »
Innocence Ntab Ndiaye, ministre de la Fonction Publique de souligner que « l’Etat a déjà sa partition avec le dégagement de 6 milliards de francs. Et nous continuerons à arbitrer cette rencontre » Il faut noter également que les parties en négociation se sont quittées sans résultats. Une prochaine réunion sera programmée dans les prochains jours.

« L’Inde va nous fournir 600 000 tonnes de riz par an », dixit Wade


600 000 tonnes de riz par an et pendant six ans. C’est ce que l’Inde a décidé de donner au Sénégal comme réponse aux problèmes alimentaires que connaît le pays. La révélation a été faite par le président de la République, Me Abdoulaye Wade hier, à l’ouverture du Conseil national de développement des collectivités locales, tenu au Méridien Président. Cependant, le Chef de l’Etat n’a pas annoncé la date de démarrage de l’opération.
Le gouvernement de l’Inde serait prêt à fournir à l’Etat du Sénégal 600 000 tonnes de riz chaque année et cela pendant six ans. L’annonce a été faite hier, mercredi 23 avril, par le président de la République, Me Abdoulaye, à l’ouverture du Conseil national de développement des collectivités locales qui s’est tenu au Méridien Président. « Ce matin (ndlr, hier mercredi) j’ai reçu un message du Premier ministre de l’Inde qui m’a dit qu’il va fournir au Sénégal tous ses besoins en riz, c’est-à-dire, 600.000 tonnes par an pendant six ans », rapporte-t-il. Le Chef de l’Etat, qui a promis de réduire le prix du kilogramme de riz, soutient que les services de notre Armée seront sollicités pour l’acheminement de cette denrée à l’intérieur du pays. Et Me Wade égale à lui-même, interpelle son Premier ministre, Hadjibou Soumaré absent de la rencontre, en demandant à ce dernier de « surveiller les débarquements ».
En attendant ce moment, les spéculateurs ont eux, intérêt à se tenir prêts, car l’Etat a promis de sévir contre les commerçants véreux qui augmentent à leur guise le prix du riz.
Et selon Me Wade, l’Inde qui avait pris la décision de ne plus produire de riz destiné à l’exportation, serait aujourd’hui prêt à le faire pour son pays frère, le Sénégal. « J’ai choisi six ans, parce que, parallèlement, nous voulons développer notre production », a précisé le Chef de l’Etat.
Le président de la République qui a « apporté » une « bonne nouvelle » au monde rural, n’a avancé aucune date quant au démarrage de l’opération. Quand est-ce que les 600 000 tonnes de riz vont démarquer au Port de Dakar ? Comment se fera la répartition ? A combien le Kilogramme sera vendu ?
Aucune réponse n’a été apportée à ces interrogations par le « Père noël ». Me Wade a plutôt déclaré que l’Etat du Sénégal a décidé d’importer 50 000 tonnes de riz par mois et d’acheminer le riz dans les coins les plus reculés du pays. Le chef de l’Etat a rassuré qu’il n’y aura pas de famine au Sénégal. Par ailleurs, Me Wade a salué l’engouement autour de sa Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana).
« Je suis heureux de constater l’engouement des ministres, des chefs religieux, tout le monde demande des terres, pour aller cultiver. Cela ne s’est jamais produit au Sénégal », dit-il, avant de lancer à l’endroit des représentants des collectivités locales : « C’est de vous que relève la compétence de distribuer les terres, soyez généreux ».
Il a profité de cette tribune pour répondre à ses détracteurs : « Je pense que sur cette terre aujourd’hui, il n’y a pas de place pour ceux qui ne sont pas ambitieux. L’ambition n’est pas la prétention. Le reste relève de Dieu », dit-il. Me Wade a promis de soutenir et de donner les moyens aux élus .

« AU SENEGAL, IL Y A UNE DETERIORATION DE LA SECURITE ALIMENATIRE », annonce le PAM



Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)

GENEVE- Dans cette interview exclusive, Christiane Berthiaume, porte parole du PAM, confirme les propos du Président Wade qu’ « il n’y a pas de famine au Sénégal », mais elle constate une situation « de détérioration de la sécurité alimentaire ». Face à cette crise de niveau mondial, le PAM recommande un retour à l’agriculture et se dit prêt à soutenir les pays qui s’engageront dans cette voie. A court terme, l’organisation onusienne a lancé des filets de sécurité sociale, surtout pour les plus fragiles : les enfants, les mères enceintes et allaitantes. En collaboration avec l’UNICEF, le PAM veut garder les enfants à l’école. L’organisation nourrit plus de 20 millions d’enfants dans les écoles des pays pauvres.


Le président Abdoulaye Wade a déclaré que la presse fait du « sensationnalisme » en évoquant la « famine » ou « les émeutes de la faim ». Pour lui, il n’y a ni famine ni émeute au Sénégal. Que dit le PAM ?


« Il n’y a effectivement pas de famine au Sénégal, mais une situation qui doit être suivie de près pour les plus vulnérables, en particulier les femmes enceintes et allaitantes et les enfants, avec une période de soudure qui s’annonce plus difficile que les années précédentes et une détérioration de la sécurité alimentaire, en raison de récoltes moins bonnes dues à une faible pluviométrie, comme le souligne les autorités sénégalaises. Le Sénégal dépendant fortement des importations pour les céréales, la hausse des prix a eu un impact sur la vulnérabilité des plus faibles. Le gouvernement a annoncé des réformes de long terme et de court terme et cela doit être salué. Le PAM, pour sa part, travaille avec le gouvernement sénégalais dans le cadre de ses programmes d’action déjà existants dans le pays. »


Mme Berthiaume, le PAM a déclaré vendredi que la hausse des prix constitue son plus grand défi durant ces 40 dernières années. Peut-on en savoir les raisons ?


« L’augmentation vertigineuse des prix des céréales ainsi que du pétrole a un impact considérable sur deux aspects particuliers de la mission du PAM. D’abord, un impact financier important sur les activités du PAM qui vient en aide à 73 millions de personnes, parmi les plus vulnérables au monde : des réfugiés, des personnes déplacées par la guerre ou par les catastrophes naturelles, qui vivent dans des camps et dépendent de l’aide alimentaire du PAM pour survivre. En raison de l’envolée des prix, les coûts du PAM destinés à l’achat et au transport des secours alimentaires ont augmenté de 55% depuis juin dernier. Le PAM a dû réévaluer à la hausse son budget initialement prévu pour 2008 et demander un surplus de 756 millions de dollars. Ce montant est provisoire. Car il ne tient pas compte d’une éventuelle crise qui pourrait éclater dans le monde ; un autre conflit, une autre catastrophe naturelle dont les victimes auraient besoin de notre aide. Qui plus est, l’envolée des prix va entraîner dans la faim d’autres victimes, ceux qui vivent déjà sur le fil du rasoir dans les pays pauvres, qui dépensent déjà jusqu’à 70% de leur budget pour se procurer de la nourriture et qui ne peuvent absorber le choc d’une autre augmentation sans devoir retirer les enfants des écoles pour les mettre sur le marché du travail, réduire la qualité de leur alimentation et même le nombre de repas par jour. La Banque Mondiale estime que la crise actuelle menace 100 millions de personnes. Des milliers d’entre elles pourraient avoir besoin de notre aide. Le PAM doit faire face à un défi jamais connu : la faim a maintenant un nouveau visage. Le PAM intervient traditionnellement dans des situations où il y a absence de nourriture : pour venir en aide aux réfugiés et personnes déplacées qui ont fui la guerre ou une catastrophe naturelle et qui se retrouvent dans des camps sans opportunités de travail, ni de terres à cultiver. Or, à cause de la flambée des prix, il y aura des vivres sur les étagères des épiceries, ou encore dans les marchés, mais les plus pauvres n’auront pas les ressources financières pour se les procurer. Le problème de la faim a pris une dimension complètement nouvelle et différente de celle que l’on a connue à ce jour en raison de la crise mondiale actuelle de l’alimentation. Les réponses doivent être différentes et concluantes. »


Quelle est votre stratégie pour faire face à la situation ?


« Il faut d’abord répondre à l’urgence et faire en sorte que les 73 millions de personnes à qui nous venons en aide à travers le monde aient de quoi se nourrir, sans cela nous nous retrouverions au milieu de l’été avec de déchirantes décisions à prendre : soit réduire le nombre des bénéficiaires ou réduire les rations alimentaires. Mais nous sommes confiants. Les pays donateurs vont venir à notre secours. Ils sont conscients du problème et préoccupés par les conséquences possibles. A court terme, il s’agit pour le PAM de soutenir ou encore aider à mettre en place, dans les pays les plus touchés, des filets de sécurité sociale, surtout pour les plus fragiles : les enfants, les mères enceintes et allaitantes. Il faut aussi faire en sorte de garder les enfants à l’école avec des programmes l’alimentation scolaire (le PAM nourrit plus de 20 millions d’enfants dans les écoles des pays pauvres) et même élargir ces programmes qui pourraient servir de centre pour toute intervention nutrionnelle nécessaire. A long terme, c’est toute la politique de développement agricole qui est à revoir. Devant les avancées des nouvelles technologies, la course dans l’espace, l’internet, etc...
L’agriculture a été pendant trop d’années le parent pauvre du développement. Cette crise va peut-être redonner ses lettres de noblesse à l’agriculture. C’est à souhaiter, car sans nourriture, rien ne peut s’accomplir ; aucun développement n’est possible. Nous disposons de suffisamment de terres arables dans le monde pour nourrir tous les habitants de la planète. Or, de nombreux pays n’ont pas développé leur potentiel agricole. Le continent africain est l’exemple le plus frappant. La moitié de ceux qui ont faim en Afrique sont des fermiers. Certes, les pays africains auront besoin d’aide internationale, mais ils devront également en faire leur priorité et respecter les engagements pris par le NEPAD et l’Union africaine de consacrer 10% de leurs revenus au développement agricole. Près de 80% des employés en Afrique travaillent dans le secteur agricole. Pour sa part, le PAM est prêt à soutenir les politiques de réforme et à mettre son savoir-faire et ses soutiens techniques à la disposition des gouvernements qui s’engageront dans des programmes de développement agricole.
Simultanément, le PAM va continuer et augmenter ses achats locaux et mettre en oeuvre ce que l’organisation appelle « la solution 80/80/80 » : 80% des achats de denrées alimentaires dans les pays en développement afin d’aider l’économie de ces pays, 80% du transport assuré par des compagnies locales pour encore une fois aider l’économie locale et transférer un savoir-faire et 80% des employés engagés localement pour que ceux-ci puissent continuer le travail une fois que nous serons partis.


Qu’attendez- vous concrètement de la Communauté internationale ?


« Une crise de cette ampleur demande une réponse concertée de la part de tous : gouvernements, agence des Nations Unies, organisations non gouvernementales, secteur privé, citoyens du monde, etc.... A crise mondiale, il faut une réponse globale. Il faut s’attaquer une fois pour toute à la racine du problème. »

MAISON D’ARRET DE DAKAR: La prison de Rebeuss loin des normes avec 1499 prisonnsiers


Le régisseur de la maison d’arrêt de Rebeuss, Diadji Ndiaye a déclaré que 1499 détenus dont 865 étrangers sont incarcérés, à la date du 22 avril 2008. Lors de la visite de contact ce mercredi du tout nouveau ministre de Justice Me Madické Niang, le régisseur du pénitencier a également indiqué que ce nombre avoisine le double de la capacité de cette maison d’arrêt dont la capacité théorique est de 800 détenus.
« Sur un effectif théorique de 800 détenus, la maison de Rebeuss compte aujourd’hui une population carcérale de 1499 personne. Presque le double de l’effectif normal », a déclaré M. Ndiaye. Communément appelé "100 mètres carrés" pour ses dimensions, la prison a été construite en 1925, et compte 43 dortoirs de dimension assez variables répartis en six secteurs.
Le régisseur a aussi révélé que parmi les établissements pénitencier seuls deux ont été construits pour accueillir des détenus. Il a ajouté qu’au cours de l’année 2007, 10 940 personnes ont été placées sous mandat de dépôt.
Le colonel Cheikh Tidiane Mbaye, directeur de l’administration pénitentiaire a évoqué avec le ministre de la justice le manque d’équipements, le déficit en personnel entre autres. Selon M. MBaye, le Sénégal compte un surveillant pour huit détenus alors que la norme internationale est d’un agent pour deux détenus.
Soulignant les efforts du pouvoir depuis 2000 qui a presque doublé le personnel en recrutement massivement, il a invité le gouvernement à poursuivre cette politique. M. Mbaye a indiqué qu’entre 2009 et 2010, la moitié du personnel va partir à la retraite. Le directeur de l’administration pénitentiaire a déploré aussi le manque d’équipement en arme de ses hommes. « C’est là où le bât blesse », a dit M. Ndiaye qui a affirmé que les agents pénitentiaires utilisent un matériel dépassé.
Me Madické Niang a promis d’améliorer les conditions de vie et de travail des agents de l’administration pénitentiaire. Il s’est aussi engagé à améliorer l’existent tout en réaffirmant la volonté du gouvernement de construire de nouvelles prisons qui répondent aux normes dans ce domaine. « En tant qu’acteur de la justice, j’ai vécu ces problèmes. Je vais m’employer à les résoudre », a dit le ministre de la Justice.

SENEGAL-FIXATION DES PRIX DU RIZ: L’Unacois dénonce l’unilatéralisme du gouvernement


Les prix du riz ont été stabilisés, par décret du gouvernement pour contrer la flambée qui affecte les produits de grande consommation. Une décision unilatérale, estime l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois-jappoo) qui réclame une réflexion plus poussée sur les procédures de fixation des prix et surtout l’implication de tous les acteurs.
Selon Ousmane Sy Ndiaye, Secrétaire permanent de l’Unacois-jappoo, il est très difficile de maîtriser le coût du riz au plan mondial. Il y ajoute les difficultés rencontrées par les siens sur la gestion de la problématique par le gouvernement, se plaignant de ne pas être associée à la fixation des prix de la céréale.
« La procédure de fixation du prix du kilo n’a pas associé l’ensemble des intervenants de la filière. C’est une chose de consulter les importateurs, mais c’est davantage plus important aussi d’associer largement les distributeurs et les grossistes. C’est à cette condition que nous aurons un sentiment global qui traduit un tout petit peu la réalité de la filière et en ce moment, nous aurons peut-être une décision qui pourrait éventuellement être respectée par la majorité des acteurs », soutient le Secrétaire permanent de l’Unacois-Jappoo.
A la question de savoir si les commerçants regroupés au sein de cette organisation adhèrent à cette nouvelle grille de prix fixée par le gouvernement, M. Ndiaye Sy rétorque que « naturellement il va être très compliqué de le remettre en cause. D’abord parce que l’information est déjà partie. Mais ce qui est important, c’est un peu de réajuster et de recentrer l’ensemble des activités, que ce soit l’intervention du gouvernement ou l’intervention des commerçants ».
Il soulève en outre des questions liées à la durée de vie des prix, la prise en compte des stocks disponibles.
Début avril, l’Unacois-Jappo avait appelé l’Etat à lever les protections sur certains produits de consommation courante comme l’huile, le sucre, au cours d’un point de presse, ce jeudi, à Dakar pour permettre de soulager un peu les populations face à la tendance haussière des denrées de première nécessité.
« La hausse de 52 % de taxes de protection sur les autres produits de consommation courante ne facilite pas la vie des aux Sénégalais », avait déclaré Moustapha Lô, coordonnateur de ladite organisation, chargé de la communication. Ces commerçants avaient également demandé à l’Etat de baisser les droits de douane sur les denrées de première nécessité à défaut d’y renoncer. Ils avaient noté que d’ici trois mois, le marché national sera correctement approvisionné en riz, grâce, disent-ils, à leurs connaissances de la filière, que le kilogramme ne pourrait pas coûter moins de 280 francs pour le riz parfumé et 290 francs pour le riz parfumé. Au-delà de trois mois, avaient-t-ils prévenu, les Sénégalais doivent s’attendre à acheter ce riz entre 450 francs et 500 francs.
Le 11 avril dernier, le gouvernement a décidé de fixer par décret le prix du riz standard (riz brisé consommé par la majorité des Sénégalais) à 260 FCFA le kilogramme.

APRES LES CRITIQUES DE WADE CONTRE LA FAO: Cinglante réplique de Jacques Diouf à Wade


Le directeur général de la FAO n’a pas du tout apprécié les attaques de Me Wade contre son organisation. Lors du lancement de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), le chef de l’Etat sénégalais avait déclaré qu’il était inadmissible que la FAO prélève 20% sur l’aide alimentaire. Il avait aussi ajouté que la FAO ne devait pas se transformer en main tendue de l’Afrique pour recevoir de la pitance.
En conférence de presse ce matin à Paris, pour se prononcer sur la crise alimentaire qui secoue actuellement le monde, Jacques Diouf n’a pas manqué d’apporter un cinglant démenti à Me Wade. Dans la déclaration du directeur général de la FAO dont la radio Océan FM et Sud FM (radios emettant à Dakar) ont diffusé un extrait à midi, on peut noter ces précisions : "Premièrement, pour ce qui est de l’aide alimentaire ce n’est pas la Fao qui s’en occupe, mais le Programme alimentaire mondial. Deuxièmement pour le budget de la Fao, ce sont les Etats membres qui contribuent à hauteur de 960 millions de dollars. Naturellement pour les 20% je ne sais pas où est-ce qu’il (Ndlr, Wade) est allé chercher ce chiffre".
Selon Jacques Diouf, "ce n’est pas à s’attaquant à la FAO et aux Ong qu’on va régler les problèmes du Sénégal. Et c’est étonnant que de tous les 190 chefs d’Etat, il n’y a que lui qui ait tenu de tels propos".
Le directeur général de l’agence technique onusienne a rappelé, par ailleurs, que lorsque la Fao avait lancé un appel à l’aide internationale, elle avait d’abord contribué à hauteur de 17 millions de dollars sur ses ressources propres. L’organisation internationale n’avait pas demandé que l’aide passe par elle, mais c’était aux donateurs de choisir leurs canaux pour faire parvenir cette aide, a-t-il poursuivi.
En ce qui concerne le fonctionnement de la FAO, Jacques Diouf rappelle que ce sont les 190 pays membres et l’Union européenne qui définissent les règles.
M. Diouf n’a pas manqué d’évoquer les "véritables causes" de la crise alimentaire qui secoue le monde en général et particulièrement des pays pauvres et endettés comme le Sénégal. Il relève que seuls 7% des terres arables sont irriguées en Afrique. Le directeur général de la Fao regrette dans la même veine que des Etats comme le Sénégal n’aient "pas assez investi dans les routes rurales pour permettre que les produits agricoles aillent à l’intérieur des pays". Il n’y a pas non plus eu assez d’investissements pour "l’acquisition de moyens de stockages des produits agricoles", "pas de réflexions poussées sur les moyens de pénétrer les marchés dans le monde", "pas de politique de maîtrise de l’environnement économico-fiscal" et enfin une absence de coordination de toutes ces facettes du même problème, a énuméré Jacques Diouf.
Jacques Diouf a été ministre de la recherche scientifique au Sénégal sous la présidence de Abdou Diouf. Il a été également secrétaire général de la BCEAO durant 8 mois et directeur général de l’Agrao. Né au Sénégal, il a fait ses études en France, notamment à l’École nationale d’agriculture de Grignon-Paris.

INFLATION ET CRISE SOCIALE AU SENEGAL: Manifestations tous azimuts cette semaine


L’opposition entend manifester samedi contre la cherté de la vie. Les jeunes du « Front Siggil Sénégal » eux battent finalement le macadam ce 26 avril, après plusieurs reports. Barthélemy Dias et ses camarades ont avisé l’autorité à travers une lettre d’information, mais disent n’attendre aucune autorisation pour passer à l’acte, puisque exerçant un droit constitutionnel. Dimanche, ce sera au tour de Diourbel de prendre le relais, alors que ce mercredi, les travailleurs de la Fgts ouvre le bal à Dakar.
Barthélemy Dias et compagnie vont marcher de la Rts à la Place de l’Obélisque pour dire non à la vie chère, entre autre griefs. « La marche du 15 avril avait été autorisée par les autorités et nous ne voyons pas de raisons pour lesquelles cette marche de ce samedi 26 avril ne sera pas autorisée », indique le jeune responsable socialiste.
Il précise que lui et ses camarades se sont acquittés des formalités administratives et ont accepté de prendre l’itinéraire proposé l’autorité étatique. « Donc cette marche, nous avons bon espoir de pouvoir la tenir, samedi le 26 », dit M. Dias. Et si la marche était interdite ? « Je dis encore une fois que nous n’attendons pas une autorisation de qui que ce soit. Nous attendons des autorités un accord, parce que l’autorisation, nous l’avons déjà, à travers la constitution du Sénégal », martèle le coordonnateur des jeunes du « Front Siggil Sénégal ».
Barthélemy Dias a expliqué que c’est une marche pour « manifester contre la cherté de la vie, pour exiger un audit de l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), pour exiger une augmentation de l’aide gouvernementale au monde rural qui est actuellement en détresse et finalement pour manifester contre le report des élections locales ».
Le lendemain, dimanche, ce sera au tour de l’opposition de Diourbel. Une marche de protestation initiée pour les mêmes motifs. Une lettre d’information a été déposée auprès du préfet de Diourbel, confirme Abdourahmane Wane, président du comité d’organisation. « Nous pensons qu’il existe des solutions et que le gouvernement tarde à régler ces problèmes. Donc la situation est devenue insupportable pour nous et pour toute la population. C’est pour cela que nous appelons justement ces populations à venir massivement manifester avec nous pour que le gouvernement, le président de la République puisse prendre en charge véritablement ces problèmes. Il existe des solutions et, de manière urgente, c’est diminuer le train de vie de l’Etat au profit des populations les plus démunies », égrène le responsable diourbellois.
M. Wane est aussi optimiste sur la tenue de la manifestation. « Je crois que le préfet ne va pas interdire la marche, parce que nous l’avons déposée en bonne et due forme et nous pensons que la constitution nous permet de marcher. Donc il prendra ses dispositions pour encadrer la marche », observe-t-il.
Pour sa part, la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts) va, elle, battre le macadam ce mercredi, avec l’aval du préfet de Dakar.