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jeudi 24 avril 2008

APRES LES CRITIQUES DE WADE CONTRE LA FAO: Cinglante réplique de Jacques Diouf à Wade


Le directeur général de la FAO n’a pas du tout apprécié les attaques de Me Wade contre son organisation. Lors du lancement de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), le chef de l’Etat sénégalais avait déclaré qu’il était inadmissible que la FAO prélève 20% sur l’aide alimentaire. Il avait aussi ajouté que la FAO ne devait pas se transformer en main tendue de l’Afrique pour recevoir de la pitance.
En conférence de presse ce matin à Paris, pour se prononcer sur la crise alimentaire qui secoue actuellement le monde, Jacques Diouf n’a pas manqué d’apporter un cinglant démenti à Me Wade. Dans la déclaration du directeur général de la FAO dont la radio Océan FM et Sud FM (radios emettant à Dakar) ont diffusé un extrait à midi, on peut noter ces précisions : "Premièrement, pour ce qui est de l’aide alimentaire ce n’est pas la Fao qui s’en occupe, mais le Programme alimentaire mondial. Deuxièmement pour le budget de la Fao, ce sont les Etats membres qui contribuent à hauteur de 960 millions de dollars. Naturellement pour les 20% je ne sais pas où est-ce qu’il (Ndlr, Wade) est allé chercher ce chiffre".
Selon Jacques Diouf, "ce n’est pas à s’attaquant à la FAO et aux Ong qu’on va régler les problèmes du Sénégal. Et c’est étonnant que de tous les 190 chefs d’Etat, il n’y a que lui qui ait tenu de tels propos".
Le directeur général de l’agence technique onusienne a rappelé, par ailleurs, que lorsque la Fao avait lancé un appel à l’aide internationale, elle avait d’abord contribué à hauteur de 17 millions de dollars sur ses ressources propres. L’organisation internationale n’avait pas demandé que l’aide passe par elle, mais c’était aux donateurs de choisir leurs canaux pour faire parvenir cette aide, a-t-il poursuivi.
En ce qui concerne le fonctionnement de la FAO, Jacques Diouf rappelle que ce sont les 190 pays membres et l’Union européenne qui définissent les règles.
M. Diouf n’a pas manqué d’évoquer les "véritables causes" de la crise alimentaire qui secoue le monde en général et particulièrement des pays pauvres et endettés comme le Sénégal. Il relève que seuls 7% des terres arables sont irriguées en Afrique. Le directeur général de la Fao regrette dans la même veine que des Etats comme le Sénégal n’aient "pas assez investi dans les routes rurales pour permettre que les produits agricoles aillent à l’intérieur des pays". Il n’y a pas non plus eu assez d’investissements pour "l’acquisition de moyens de stockages des produits agricoles", "pas de réflexions poussées sur les moyens de pénétrer les marchés dans le monde", "pas de politique de maîtrise de l’environnement économico-fiscal" et enfin une absence de coordination de toutes ces facettes du même problème, a énuméré Jacques Diouf.
Jacques Diouf a été ministre de la recherche scientifique au Sénégal sous la présidence de Abdou Diouf. Il a été également secrétaire général de la BCEAO durant 8 mois et directeur général de l’Agrao. Né au Sénégal, il a fait ses études en France, notamment à l’École nationale d’agriculture de Grignon-Paris.

lundi 21 avril 2008

GRANDE OFFENSIVE AGRICOLE DE WADE:"Ce sera un flop", estime Tanor Dieng


Ousmane Tanor Dieng ne cherche pas midi à quatorze heures pour annoncer le "grand flop" qui va sanctionner la grande offensive agricole lancée vendredi par le président Abdoulaye Wade.
Au cours de l’émission Opinion sur Walf Tv, le secrétaire général du Ps a déclaré que ce plan annoncé par le président de la République tout le gouvernement et le commandement territorial n’est "ni sérieux ni réalisable".
Selon Ousmane Tanor Dieng, "ce sont des démarches d’amateurs", ajoutant que "c’est pompeux, mais cela ne règlera rien". "Je suis peiné car manifestement, il n’y a pas une étude, ni de la concertation avec les acteurs du monde rural", a-t-soutenu.
Tanor Dieng se dit d’ailleurs convaincu que "les spécialistes ont appris le plan de Wade en même temps que nous". "Il faut que l’on respecte les spécialistes. Ce sera un flop retentissant. Ce n’est pas une vision, mais un pilotage à vue", a-t-il averti.
« La Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) » du président Wade ambitionne la satisfaction « dès le prochain hivernage et sa contre-saison, de tous les besoins alimentaires et, au-delà, remplir les greniers ». Me Wade fixe des objectifs de deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, cinq cent mille (500 000) tonnes de riz et deux millions de tonnes pour les autres céréales comme le mil, le sorgho, le fonio, etc. Pour l’élevage, le chef de l’Etat veut à moyen terme, une production de quatre cents (400) millions de litres de lait et quarante-trois mille cinq cent (43 500) tonnes de viande.

dimanche 20 avril 2008

COMITE CENTRALE DU PS SUR LA SITUATION NATIONALE: Les socialistes pour un combat de rue



Le Parti socialiste (Ps) est sur le pied de guerre. Le mot d’ordre issu de la réunion du comité central d’hier, jeudi 17 avril, a été très clair. « Il faut occuper la rue, en découdre avec Wade et le bouter hors du pouvoir ». Presque tous les responsables et militants qui ont pris la parole dans sont allés dans ce sens, tout en félicitant vivement les jeunes qui font, selon eux, paniquer le pouvoir.
Le secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng n’avait d’autres choix que de s’inscrire dans la même logique. « Il faut impérativement qu’une dynamique populaire exerce et accentue la pression. Il faut que des initiatives soient prises dans le cadre du Front « Siggil » Sénégal, si ce n’est pas le cas, le Ps le fera et prendra ses responsabilités », a déclaré le leader des socialistes Sénégalais. Ousmane Tanor Dieng a, en outre, révélé que la location d’avion coûte entre 100 et 150 millions par jour et s’est demandé pourquoi le président de la République ne voyage plus à bord de l’avion de commandement « La Pointe de Sangomar ».
Il faut s’attendre à voir dans les prochains jours les socialistes sur le front pour faire face au régime libéral. Telle a semblé être la délibération de la réunion du comité central du Parti socialiste (Ps) qui s’est tenue hier, jeudi 17 avril, à la maison du Parti Léopold Sédar Senghor, sise à Colobane. Comme s’ils s’étaient donnés le mot, tous les responsables et militants du Ps qui ont pris la parole ont exhorté le parti à initier des actions, à engager un bras de fer avec le régime pour que des mesures urgentes et à court terme soient prises pour amortir la conjoncture, la crise sociale.
Après un exposé des experts (anciens ministres et anciens directeurs généraux) sur la situation économique du pays, de l’agriculture, les socialistes sont convaincus que des solutions urgentes sont possibles et qu’il faut pousser le pouvoir à les prendre. Sidy Lo de l’Union régionale de Thiès a été le premier a appuyé la proposition du chargé des élections du Ps, Khalifa Ababacar Sall. Pour lui, « il faut que le Ps donne le ton en tant que le principal parti de l’opposition en occupant le terrain. Il faut faire face à ce régime et à son dirigeant Abdoulaye Wade sinon il va nous enterrer ». Malick Konté a estimé que « les discours, propositions et argumentations doivent cesser.
Wade et son fils sont les plus grands criquets pèlerins du pays. Trêve de rhétorique ! ». Le responsable à la base du Ps a félicité Barthélemy Dias, Malick Seck et tous les autres jeunes socialistes avant d’inviter tout le monde à suivre leurs exemples en s’érigeant en défenseur des populations. Un jeune de l’Union régionale de Kaolack Pape Mbaye a fait savoir que « cette lutte « dem ba diek la (qu’il faut aller jusqu’au bout sans demi mesure) » Le pouvoir est anti-républicain, je vois pas pourquoi l’opposition devrait être républicaine ».
El Hadji Fall a dénoncé la spéculation en foncière en avertissant que « ce qui s’est passé en Casamance risque de se produire à Dakar si cette boulimie foncière ne s’arrête ». L’homonyme du maire de la ville de Dakar, Pape Diop a été l’un des plus acerbes. « Ce que Khalifa Ababacar Sall a dit suffit largement, il ne fallait même pas instaurer un débat parce que c’est le sentiment le mieux partagé ici. Ces théories ne serviront à rien, il faut suivre Barthélemy Dias et envahir la rue pour chasser Wade du pouvoir ».

Des actions coordonnées à l’échelle nationale

C’est une salve d’applaudissements qui a accompagné Malick Seck au présidium quand il s’est levé pour aller prendre la parole. C’est l’un des responsables des jeunes qui a été convoqué deux fois à la Division des investigations criminelles (Dic) lundi et mardi à propos de la marche et d’une arme qu’il aurait détenu légalement. L’assistance a loué son courage et sa détermination pour la marche et l’action de manière générale. « La peur est dans le camp adverse. Il faut maintenir la pression. Il ne faut pas qu’on se disperse dans nos objectifs. Il faut que le secrétaire général pose des actes dans le sens de la confrontation avec le régime. Nos actions doivent être de plus en plus dures », a martelé Malick Seck. Les femmes n’ont pas été en reste. Elles ont été aussi déterminées à soutenir les jeunes et à être à leur côté dans ce combat. A l’instar d’Aminata Mbengue Ndiaye son responsable, Mamy Gueye a soutenu que « les femmes sont prêtes pour toutes sortes de manifestation. Elles comptent se mettre en tête de peloton et à organiser aussi des concerts de casseroles ».
Les membres du comité central du Ps veulent, de prime abord, commencer par des campagnes de sensibilisation et surtout de la propagande pour créer un élan populaire autour de leurs diverses actions. Cela a ressorti dans l’intervention de bon nombre de militants. C’est le cas de Tidiane Sow qui a indiqué qu’à « la suite de toutes nos réflexions et propositions, il faut mettre en place des commissions de propagande et d’agitation dans toutes les unions régionales ». Les femmes ont beaucoup plaidé pour une coordination des actions. Elles ont été nombreuses à proposer que l’action qui a été organisée à Dakar soit faite dans toutes les localités, que les foyers de tension soient éparpillés à travers toutes les régions et localités.

« On n’a pas peur de Wade »

Ces déclarations des membres du comité central du Ps ont été rythmées par des applaudissements et des cris d’approbation. La détermination se lisait sur les visages et pouvait être remarquée à travers le temps et la mobilisation. Tous les intervenants ont tenu à encourager les jeunes. Le chef de file des socialistes n’a pas échappé à ces compliments. « On ne parle plus des réunions de l’opposition ou d’opposition de salon grâce à vous les jeunes. Vous avez notre soutien, nous allons vous appuyer », a-t-il déclaré. Ousmane Tanor Dieng a, dans la foulée, souligné, que « les difficultés de la vie sont telles qu’on n’a plus besoin de le dire à quelqu’un. Par rapport aux promesses du président de la République, de son gouvernement, tout le monde sait que la parole de Wade ne vaut rien ». Selon lui, « il est temps de prendre des initiatives dans le cadre du Front « Siggil » Sénégal, si ce n’est pas le cas, le Ps le fera et assumera ses responsabilités. Nous avons la possibilité d’introduire une demande pour marcher et d’être dans la rue. Les paroles n’ont aucune importance. C’est désormais l’action, la volonté, la détermination comme l’a montré tous ceux qui ont pris la parole. On n’a pas peur de Wade ». Ousmane Tanor Dieng a indiqué que « la situation actuelle du pays découle d’une incompétence et d’une irresponsabilité ». Ce qui fait, selon lui, il faut un plan d’actions et de contestation. « Il faut de manière générale et constante des actions pour s’opposer à Wade ».

« La location d’un avion coûte entre 100 à 150 millions par jour »

Le secrétaire général du Ps s’est intéressé au voyage du chef de l’Etat et à l’avion de commandement « la Pointe de Sangomar ». Il a rappelé que c’est cet avion qui a amené l’équipe nationale à la Can et qui a été aussi, selon lui, utilisé pour le transport de certains chefs d’Etat lors du 11e sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci). « Alors pourquoi Abdoulaye Wade ne peut plus voyager avec la « Pointe de Sangomar ? » Le leader des socialistes de révéler que « la location d’un avion coûte entre 100 et 150 millions de francs Cfa par jour ». Il est d’avis que « le président de la République devrait pouvoir épargner la population de ce genre de dépense ou tout au moins limiter ces voyages ».
Ousmane Tanor Dieng a, par ailleurs, souligné que « Abdoulaye Wade doit prendre des mesures urgentes et à court terme pour faire face à la crise en attendant les échéances qu’il a fixées pour l’autosuffisance en riz. Il y a des solutions mais, Wade ne veut pas les appliquer ». Selon lui, « il faut impérativement qu’une dynamique populaire exerce et accentue la pression sur lui ». C’est, selon lui, une responsabilité citoyenne. Il a, à cet effet, lancé un plaidoyer à l’endroit des citoyens pour les sensibiliser sur la nécessité de descendre dans la rue. « Les Sénégalais ne peuvent plus continuer à ne rien dire et à ne pas sortir quand il y a marche. Il faut que les citoyens assument leur responsabilité face à cette situation », a martelé le secrétaire général du Ps.

PRIS EN CHARGE DES « EMEUTES DE LA FAIM »:Wade tacle Jacques Diouf


Le président de la République, Me Abdoulaye Wade n’a pas raté le directeur général de l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), Jacques Diouf hier, vendredi 18 avril dernier au Méridien président à l’occasion de la présentation de son plan de sortie de crise dénommée : « la grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance « Goana ». « Je ne veux pas non plus que la Fao se transforme en permanence en main tendue de l’Afrique pour recevoir la pitance. Elle doit aussi cesser de prélever 20 % des aides qui passent entre ses mains et trouver ailleurs des ressources de fonctionnement », a déclaré le chef de l’Etat. Pour lui, « l’institution que dirige le Sénégalais, Jacques Diouf doit cesser d’être une administration de l’aide ».
Le président Abdoulaye Wade a estimé que « le sommet dit de la crise alimentaire convoqué à Rome ne devra pas être un de ces éternels tours de table où les médecins se penchent avec condescendance sur un malade en perpétuelle transfusion avec le sentiment que leur devoir ne va pas plus loin que le maintien de la vie ». Dans le même registre, le chef de l’Etat Sénégalais a traité de l’aide humanitaire d’une « vaste comédie internationale ». Selon lui, « les pays africains pourraient échapper au danger éventuel de famine s’ils étaient plus vigilants et mieux aidés ». Abdoulaye Wade de révéler : « je dis bien mieux : aidés, car l’aide à la survie est une aumône. Aussi ne voudrais-je pas qu’on lance, en notre nom, une campagne de collecte d’argent qui finira dans l’escarcelle de la nébuleuse des Ong, de certaines Ongs du moins ».
Et Me Wade de donner l’exemple du Niger pour faire savoir qu’en « 1994/1995, le Niger a été déclaré pays sinistré pour la famine. Sous ce prétexte, il a été collecté 98 millions de dollars. Le Niger a reçu moins de 3 millions de dollars et 8000 tonnes de céréales. Lorsque, dernièrement, le président Tandia dit qu’il n’y a pas de famine mais crise, on veut absolument lui faire dire qu’il y avait famine ».

mercredi 16 avril 2008

APRES LE REPORT DE LEUR MARCHE: La déclaration de guerre des jeunes de l’opposition


Les jeunes du Front « Siggil » Sénégal sont déterminés à marcher et à faire face au régime libéral. Ils ont, lors de leur conférence de presse d’hier, mardi 15 avril au siège du Parti socialiste (Ps), rappelé l’objet de leur manifestation tout en dénonçant les velléités de l’Etat « d’installer un régime policier manifeste par des infiltrations, des intimidations qui se traduisent par la traque et l’arrestation de citoyens ». Ils ont, par ailleurs mis en garde les autorités policières sur les conséquences que pourraient susciter le sabotage de leur marche.

Les jeunes de l’opposition vont marcher pour le renchérissement du coût de la vie, la situation catastrophique du monde rural, le report des élections locales et la confiscation des libertés individuelles et collectives. Malgré les deux reports de leur marche consécutifs aux décès du vice-président de l’Assemblée nationale, Abdou Latif Gueye et du khalife général de la famille Omarienne, Thierno Abibou Daha Tall, ils n’en démordent pas. La date du 27 avril qui devrait coïncider avec le démarrage des élections locales finalement reportées, a été avancée, mais finalement retirée. Les jeunes du Front « Siggil » Sénégal ont ainsi préféré maintenir le suspense en attendant de se concerter et de fixer d’un commun accord une date.
Ils sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur logique en croisant le fer avec le régime libéral en place. « Nous tenons à préciser que ceci n’est qu’un report et que nous restons résolus et déterminés à remettre la marche et autant de fois que de besoin, tant que Wade et son gouvernement n’auront pas apporté une solution viable et définitive aux problèmes d’ordre existentiel des Sénégalais », a déclaré le chef de file des jeunesses de l’opposition, Barthélemy Dias.
Faisant allusion aux deux décès enregistrés en l’espace de moins de quinze jours, il a indiqué que « ces moments douloureux que traverse le pays sont, par ailleurs, marqués par des actes arbitraires posés par les autorités qui, visiblement tentent d’installer un régime policier manifeste par des infiltrations et autres intimidations. Ce qui explique la traque et l’arrestation de citoyens qui ne demandent qu’à exercer leurs droits fondamentaux ».
Le patron des jeunesses socialistes a tenu à faire savoir que « cela n’est qu’une diversion face à notre engagement et notre détermination à lutter pour l’apaisement des souffrances des Sénégalais qui sont aujourd’hui confrontés au renchérissement insoutenable du coût de la vie ».
Les jeunes de l’opposition ont, ainsi, appelé « les Sénégalais à rester mobilisés afin de sauvegarder leur dignité et faire face avec nous face à ce régime affairiste qui s’est résolument installé dans une logique de confrontation ». Barthélemy Dias de marteler : « ce n’est pas le moment de faire machine arrière, c’est plutôt le lieu de mettre en bandoulière nos valeurs de courage et d’abnégation afin que cessent les violations récurrentes de la loi et de la constitution par ce régime qui a choisi de bâillonner un peuple qui a faim ».
C’est dans une salle pleine à craquer que les jeunes de l’opposition ont tenu leur conférence de presse. Galvanisés par les applaudissements aux moindres déclarations tonitruantes, les leaders des jeunes des partis membres du Front « Siggil » Sénégal n’y sont pas allés du dos de la cuillère. Ils se sont attaqués à la Division des investigations criminelles (Dic) et au commissaire Mbengue.
Le courroux des jeunes c’est l’audition d’un des leurs en l’occurrence, Malick Seck du Parti socialiste (Ps) et Malick Dial dit « Beau » par les limiers de la Dic deux jours de suite. Barthélemy Dias a révélé que les policiers ont perquisitionné le domicile de Malick Seck à la recherche d’une arme. Le leader des jeunesses de l’opposition a, également, dénoncé « l’excès de zèle du commissaire Mbengue de la Dic » et a affirmé que « si son camarade de Parti, Malick Seck n’est pas libéré d’ici la fin de la journée, il va aller à Dic pour se constituer prisonnier ».
Il a, en outre tenu à prévenir les autorités policières en leur disant que « leur marche est infiltrée ou sabotée, il y aura de la violence dans les rues de Dakar. Ils peuvent pas accepter de travailler depuis des semaines, voire des mois dans l’organisation de leur marche et qu’elle soit sabotée le jour-j. »

mercredi 2 avril 2008

REAMENAGEMENT GOUVERNEMENTAL:Le silence bavard du Parti socialiste


Le Parti socialiste (Ps) a royalement ignoré le remaniement dont le gouvernement de Cheikh Hadjibou Soumaré a fait l’objet le lundi 1er avril tard dans la nuit. Dans son communiqué de bureau politique d’hier, mercredi 2 avril, il n’a évoqué que les «souffrances» du monde rural, la proposition de solution pour casser le prix du riz et la sévère répression policière de la manifestation des organisations consuméristes de dimanche 30 mars dernier.
Le Parti socialiste a estimé que le remaniement du gouvernement n’est pas une information qui mérite de figurer sur son communiqué de bureau politique. Il n’a en aucun cas, cité ou même fait allusion à ce réaménagement de l’attelage gouvernemental. Il l’a royalement ignoré.
Le bureau politique des socialistes sénégalais s’est beaucoup plus prononcé sur la «féroce» répression de la manifestation des organisations consuméristes qui avait eu lieu dimanche, à Sacré cœur.
«Au lieu de faire face à toutes ces urgences en proposant des solutions immédiates de sortie de crise, le projet dominant qui mobilise toute l’énergie du pouvoir, semble entièrement consacré à la répression aveugle en vue d’étouffer la colère populaire. A cet égard, le Parti socialiste qui s’insurge contre les dérives autoritaires du pouvoir, condamne fermement les brutalités policières et exige la libération, sans délai, de tous les manifestants arrêtés dimanche», a souligné le communiqué du bureau politique.
Dans le fond, a noté la même source, «la violence gratuite qui s’est abattue sur les manifestants du dimanche révèle le véritable visage de ce régime aux abois qui, poussé jusque dans ses derniers retranchements par la pression populaire de plus en plus forte, entend installer notre pays dans la voie du totalitarisme. Bien entendu, cette politique de mise au pas, odieuse et cynique, consistant à cadenasser les libertés, ne peut pas prospérer car la résistance populaire ne fait que débuter et va se poursuivre jusqu’à ce que le pouvoir libéral mette un terme aux souffrances des populations».
Le Parti socialiste reste persuadé, pour sa part, que des solutions peuvent être mises en œuvre avec effet immédiat sur le coût de la vie. Dans cet ordre d’idées, a-t-il argumenté, «une réduction drastique du train de vie du régime libéral et la cessation des gaspillages des ressources publiques par la diminution des dépenses de fonctionnement des institutions, par la suppression des agences budgétivores et par la fermeture de certains consulats et ambassades, pourraient permettre à l’Etat de subventionner les prix des denrées de consommation courante».
Les camarades d’Ousmane Tanor Dieng ont aussi fait des propositions pour casser le prix du riz qui ne cesse de grimper. «De même, le gouvernement peut, d’ores et déjà, imaginer des formules de régulation des comportements de marges des distributeurs. S’agissant spécifiquement du prix du riz, il est possible, en privilégiant la négociation d’Etat à Etat, d’orienter les importateurs vers un même marché et de regrouper leurs achats. Cette solution présente l’avantage de faire profiter aux importateurs de prix préférentiels sur le marché international, avec pour conséquence immédiate la baisse du prix du riz sur le marché national», ont-il indiqué.
Le bureau politique du Ps est revenu sur les 10 milliards de nos francs annoncés par le gouvernement. Ils couvrent, à peine, selon lui, l’acquisition de 30.000 tonnes de riz, un chiffre bien en deçà des 876.000 tonnes nécessaires pour couvrir les besoins céréaliers du monde rural. «C’est la preuve manifeste que le gouvernement n’a pas procédé à une évaluation sérieuse et exhaustive du désastre dans le monde rural qui, outre le déficit en vivres, est confronté à l’absence d’aliments pour le cheptel et à un important préjudice financier provoqué par la campagne chaotique de commercialisation de l’arachide», en a-t-il déduit.
Ibrahima Lissa FAYE

mardi 1 avril 2008

Le vrai faux poisson d’avril du réaménagement gouvernemental a éclipsé les authentiques blagues

(APS) – Parce que son annonce est intervenue fort tard dans la nuit du lundi, à quelques encablures de mardi 1-er avril, le léger réaménagement du gouvernement a été classé par beaucoup de Sénégalais dans la rubrique des ‘’poissons d’avril’’. Jamais information n’a été, au vu du contexte et de la manière dont elle a été annoncée, soupesée, analysée, décortiquée et vérifiée.
Ainsi, en dépit de la reprise de l’information par certains journaux, beaucoup se sont montrés sceptiques, pensant à un canular orchestré par des plaisantins désireux de se payer quelques moments de rigolade sur le dos de leurs compatriotes. Partant de là, les coups de fil ont fusé d’un peu partout dans les rédactions pour vérifier l’information du jour et s’assurer s’il s’agit ou non d’un vrai faux poisson d’avril.
Au bout du compte, elle s’est avérée vraie, mais il a fallu pour ce faire insister auprès des uns et des autres pour faire taire la rumeur rampante du canular. Ce fut surtout le cas pour le speaker de cette radio privée obligé, dans son journal de midi, de ponctuer à intervalles réguliers d’’’information vraie’’ les différentes mesures dont il donnait lecture du réaménagement gouvernemental, marqué principalement par le départ du ministre des Sports et Loisirs, Issa Mbaye Samb, victime sans doute de la mauvaise campagne des Lions du football à la CAN ghanéenne.
Le vrai faux poisson d’avril a été si énorme qu’il semble avoir occupé les quotidiens sénégalais, les détournant ainsi des vrais poissons d’avril qu’ils se plaisaient à lancer à chaque période de l’année dans ‘’la mer’’ des salons dakarois.
Wal Fadjri a pourtant essayé de perpétuer la tradition en faisant état d’une baisse de 50 pour cent du coût du sac de riz de 50 kg, mais l’annonce a presque laissé de marbre les Sénégalais, peu enclins à croire à une telle mesure. Trop beau pour être vrai, en ces temps de période de flambée des prix des denrées de première nécessité…
De même, les Sénégalais grands amateurs de lutte sont restés blasés devant la manchette de Sunu Lamb, annonçant photo des deux lutteurs à l’appui les retrouvailles Bombardier/Gris Bordeaux pour le 26 juillet prochain. Luc Nicolaï aurait décroché cette affiche en mettant sur la table 200 millions de FCFA, selon le journal qui annonce la signature du contrat ce mardi à 10h au CNG. Peu dupes, les journalistes tout comme les amateurs ne s’y sont pas précipités.
Sûrement qu’il n’y a pas eu rush à l’Observateur qui titre à la une qu’il offre à ses lecteurs 100 billets pour le concert de Youssou Ndour à Sorano, en guise d’avant-première au Grand bal annuel de Bercy en France. Sans renvoi à une page intérieure pour d’éventuelles explications, l’information libellée sèchement sur un fond noir n’engage que ceux qui y croient.
Par contre, il faut vraiment croire à celle relatée par l’Exclusif et dénommée… ‘’Poison (et non Poisson) d’avril’’. Ce sont les gendarmes de Ziguinchor qui ont donné ce nom de code à une opération de sécurisation menée le week-end dernier et qui a permis l’arrestation de 83 personnes et l’immobilisation de 41 véhicules. Le poisson d’avril servi avant l’heure par la maréchaussée aux malfaiteurs s’est révélé un véritable poison…

REMANIEMENT MINISTERIEL AU SENEGAL: Wade chamboule les "ministères sensibles"


Nouveau remodelage du gouvernement du Sénégal qui a connu un réaménagement, dans la nuit du lundi au mardi. Une dizaine de ministères sont concernés par ces mouvements. Les départements de l’Intérieur, de la Justice, du Commerce et des Sports changent de ministres alors que deux nouvelles entrées sont enregistrées. Landing Savané, nommé ministre d’Etat, Mamadou Diop "Decroix" Abdoul Aziz Sow et Oumou Khaïry Guèye Seck et Kansoumbaly Ndiaye reviennent en force.
Les mouvements les plus importants concernent les départements de l’Intérieur et de la Justice. Cheikh Tidiane Sy, jusque-là ministre de la Justice s’installe comme le premier flic du Sénégal à la place de Me Ousmane Ngom qui devient le ministre de l’Industrie des Mines et des Pme. Me Madické Niang ; avocat de profession, atterrit à la Justice.
Les deux têtes de file d’And Jëf-Jël refont come back avec Landing Savané au poste de ministre d’Etat et Mamadou Diop Decroix comme le nouveau ministre du Commerce. Abdourahim Agne, qu’il remplace à ce poste devra se contenter de l’Aménagement du territoire et de la Coopération décentralisée.
L’autre nouvelle entrée dans le gouvernement, c’est celle d’Abdoul Aziz Sow qui avait quitté l’attelage gouvernemental. Il hérite du portefeuille de la Communication, des relations avec les institutions, et devient aussi porte parole du gouvernement. Idem pour Oumou Khairy Guèye Seck qui revient à l’Elevage. Kansoumbaly Ndiaye prend l’Education élémentaire alors que M. Diamé Signaté, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnellle dans la précédente équipe, il quitte le gouvernement.
Le Docteur Bacar Dia prend le Sport et les Loisirs et remplace Issa Mbaye Samb, empêché pour cause de maladie.

ABDOULAYE BATHILY SUR LA MARCHE REPRIMEE DIMANCHE: "cela montre le caractère impopulaire du régime de Wade"


Abdoulaye Wade a transformé notre pays en bunker, a déclaré Abdoulaye Bathily, sur les ondes de la radio Sud Fm après la répression par la police dimanche du sit-in d’associations de consommateurs contre la hausse généralisée des prix des denrées de première nécessité.
La manifestation a été interdite par la préfet de Dakar, mais les responsables de l’Ascosen et de l’Uncs ont passé outre, et entrepris leurs actions devant les locaux du groupe de presse WalfFadjri au quartier de Castor.
Cette énième interdiction de manifester, une liberté pourtant reconnue par la constitution, ne plaît pas du tout à Bathily et aux autres leaders de partis d’opposition regroupés au sein du Front Siggil Senegaal (Fss). Réunie comme à l’ordinaire ce lundi, la conférence des leaders du Fss a condamné l’interdiction aux associations consuméristes de manifester leur mécontentement. Ils ont aussi fustigé la « brutalité policière » ainsi que les interpellations, a rapporté Abdoulaye Bathily, porte-parole du jour.
A en croire Bathily, il y aurait environ 19 personnes détenues à la police dont deux militants du Pit « arrêtés dans la permanence » de leur parti situé non loin du théâtre des opérations. De même, le président de l’Association des consommateurs sénégalais (Ascosen) Momar Ndao a passé la nuit de dimanche dans les locaux de la Dic, alors le patron de l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs), Jean-Pierre Dieng, a été libéré pour raison de santé puis repris ce lundi par la Division des investigations criminelles (police judiciaire).
Les personnes interpellées sont toujours entre les mains des forces de police. Certains des interpellés dont Pape Mbaye, membre du secrétariat du Pit seraient en instance d’être déférées au parquet ce lundi soir selon une source digne de foi.
« La manifestation a montré le caractère impopulaire du régime de Wade », a estimé Bathily.
Nettali.net

« DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES »: Le Parti socialiste attrait Khoureychi Thiam en justice


Le Parti socialiste a décidé de passer à la vitesse supérieure contre le député libéral Khoureychi Thiam qui avait accusé le Secrétaire général Ousmane Tanor Dieng de comploter, en intelligence avec les plus hautes autorités de la République de Côte d’Ivoire, pour renverser le régime de Abdoulaye Wade. Hier, en conférence de presse, Mes Aïssata Tall Sall et Jacques Baudin ont révélé qu’après une sommation interpellative, le Ps a décidé de porter plainte contre Khoureychi Thiam pour le délit de « diffusion de fausses nouvelles ».
Le porte-parole du Parti socialiste n’a pas l’ombre d’un doute : « Les accusations de Khoureychi contre Ousmane Tanor Dieng, à qui il prête l’intention criminelle de vouloir renverser le régime de Abdoulaye Wade, sont à la fois graves et gratuites. Le Ps, dans toutes ses composantes, que l’on a cherché à atteindre dans sa crédibilité, son honorabilité et son image, a décidé de marquer le coup. Après que M. Thiam, à qui il a été demandé, devant un huissier de justice, de confirmer ses propos et, le cas échéant, de fournir les preuves de ses allégations, (s’est retranché) derrière une fuite en avant puérile et irresponsable, le Ps a décidé d’engager des poursuites judiciaires contre M. Thiam ». Des poursuites qui, à en croire Me Aïssata Tall Sall, ne se feront pas sur la base de la « diffamation qui aurait ravalé M. Thiam au rang de complice, les journalistes, qui ont relayé ses propos, étant les acteurs principaux, mais plutôt sur la base de diffusion de fausses nouvelles, un délit (extrêmement grave) puni par l’article 255 du Code pénal qui, par un passé récent, a conduit Madiambal Diagne, Abdourahim Agne et Ibrahima Sène en prison ».
Les propos de Khoureychi Thiam étant plus graves, par exemple, que ceux de Ibrahima Sène, qui parlait d’évasion de fonds vers des paradis fiscaux là où le député libéral, au-delà du Sénégal, met en péril les relations stratégiques du Sénégal avec la Côte d’Ivoire, Me Aïssata Tall Sall d’affirmer que l’on ne peut faire dans le « deux poids deux mesures ». Avant de réclamer du Parquet une demande de levée de l’immunité parlementaire de Khoureychi Thiam. Me Jacques Baudin d’apporter de l’eau au moulin de sa camarade, en soutenant : « La responsabilité pénale est individuelle. Nous allons amener M. Thiam à la barre. Si la levée de l’immunité parlementaire ne devait pas prospérer du fait de l’Etat ou de la majorité libérale à l’Assemblée nationale, il sera toujours possible d’amener Khoureychi Thiam devant une juridiction en lui servant une citation directe hors session de l’Assemblée nationale ». Un Jacques Baudin qui n’exclut pas, par ailleurs que les autorités ivoiriennes mises en cause par Khoureychi Thiam, dont le président Gbagbo lui-même, portent plainte contre le vice-président de l’Assemblée nationale. « Cela ne gênerait en rien l’action en justice que nous avons entamée ». Vieux M. FALL
Le Populaire

dimanche 30 mars 2008

SIT IN DEGENERE: la police interpelle les responsables consuméristes

L’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) et l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs) avaient appelé à sit-in contre l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Mais la manifestation prévue ce dimanche a été reprimée par la police.
Le sit-in de l’Ascosen qui devait se tenir devant les locaux du groupe de presse Wal fadjri s’est terminé dans un nuage de lacrymogène, de batailles entre forces de police et manifestants, et arrestations. La manifestation a été interdite par le préfet de Dakar, sans toutefois ébranlé Momar Ndao, responsable de l’Ascosen et ses partisans.
A peine ont-ils entrepris de passer à l’acte, les policiers sont violemment intervenus pour réprimer les manifestants auxquels se sont joints les leaders de l’opposition dont Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Talla Sylla de l’Alliance Jëf-Jël, Barthélemy Dias, patron des jeunesses socialistes...
La plupart de ces leaders de parti d’opposition ont été raccompagnés chez eux par les forces de police. La députée du Jëf-Jël Mously Diakhaté a lui subi les foudres des forces de police qui n’ont hésité à molester la jeune dame.
Pour leur part, Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng de l’Uncs ont été arrêtés par les policiers et conduits au commissariat de Dieuppeul.
Quant à Ousmane Tanor Dieng, il a averti que le "Front Siggil Senegaal" va personnellement prendre en charge le combat.

APRES LA COUVERTURE DU SIT IN DES CONSOMMATEURS: La Dic confisque les enregistrements de Walf TV

Les enregistrements audiovisuels sur le sit-in des associations de consommateurs dispersé par la police ont été confisqués cet après-midi par la Division des investigations criminelles (Dic), selon le groupe Walffadjri.
WalfTv a montré ce dimanche les images des arrestations et de la courses poursuites entre forces de l’ordre et manifestants, à travers les rues attenantes aux locaux de groupe de presse au quartier de Castor, à un jet de pierre de Khar Yalla et Liberté 6.
A en croire Aïssatou Diop Fall un des journalistes du groupe de médias, les éléments de la Dic ont exigé l’arrêt de la diffusion des images et demandé que les enregistrement leur soit remis.
"Nous leur avons remis les cassettes après en avoir avisé le président du groupe (Sidy Lamine Niasse)", a confié vers 19 heures à l’antenne la journaliste, ajoutant que WalfTv n’a fait que son travail de relation des faits.
A l’idée d’une fermture de la Télé par les autorités étatiques, Aïssatou Diop Fall a avancé que "cela ne suprendrait pas".
L’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) et l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs) avaient appelé à un sit-in ce contre l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Mais la manifestation prévue ce dimanche vers 16 heures s’est heurtée à la police.
La manifestation a été interdite par le préfet de Dakar, sans toutefois ébranlé Momar Ndao, responsable de l’Ascosen et ses partisans.
Les policiers ont chargé et dispersé à coup de grenades lacrymogènes les manifestants auxquels se sont joints les leaders de l’opposition dont Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Talla Sylla de l’Alliance Jëf-Jël, l’écologiste Ali Aïdar, etc...
La plupart de ces leaders de parti d’opposition ont été raccompagnés chez eux par les forces de police. La députée du Jëf-Jël Mously Diakhaté a lui subi les foudres des forces de police qui n’ont hésité à molester la jeune dame.
Pour leur part, Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng de l’Uncs ont été arrêtés par les policiers et conduits au commissariat de Dieuppeul.
Quant à Ousmane Tanor Dieng, il a averti que le "Front Siggil Senegaal" va personnellement prendre en charge le combat.

jeudi 27 mars 2008

REUNION DU CONSEIL REGIONAL DE DAKAR:L’absence du gouverneur met le feu aux poudres




La tension était hier, mercredi 26 mars, à son comble au siège du Conseil régional de Dakar. Les conseillers régionaux se sont chamaillés du début à la fin de la réunion. Deux camps se sont farouchement affrontés. Il s’agit : des partisans du report ou de la suspension de la rencontre parce que le gouverneur qui est chargé du contrôle de légalité des actes pris par l’instance est absent et des gens qui sont favorables au vote du budget et à l’élection du président du Conseil régional.
La réunion du Conseil régional de Dakar d’hier, mercredi 26 mars était houleuse. La tension était déjà palpable dès l’ouverture de la session le 6 mars dernier qui s’est finalement terminée en queue de poisson après neuf heures de discussions et de débats stériles. L’absence du gouverneur de Dakar a été l’une des principales causes des troubles ainsi que la bouderie de deux conseillers régionaux en l’occurrence Amadou Yoro Sy et Aliou Niang. C’est après avoir patienté pendant plus deux heures (de 10h à 12h 30 minutes) l’arrivée du représentant de l’Etat, que le président par intérim du Conseil régional de Dakar, Ousmane Badiane a décidé de commencer la réunion. Selon lui, il a été de 10h à 11h en contact avec lui et il lui disait qu’il était en route qu’il était passé à la présidence de la République pour des réglages et qu’il se rendait au ministère de la Décentralisation et des collectivités locales avant de venir assister à la réunion du Conseil.
Le président de séance a, ainsi, proposé un réaménagement de l’ordre du jour en passant d’abord au vote du budget en attendant l’arrivée du gouverneur pour passer à l’élection du président parce que selon lui, dans cinq jours si le budget n’est pas voté par le Conseil régional, cela ne sera plus possible. C’est le gouverneur qui sera l’ordonnateur du budget comme le stipule le code des collectivités locales. C’est à la suite de cette suggestion qu’Ousmane Badiane a ouvert les discussions pour que le conseil se détermine.
Mais c’était pour assister à une iquerelle de clocher qui s’est emparée de la salle. Le premier adjoint au maire des Parcelles assainies, Dame Niang et Djénaba Ly vont ouvrir les hostilités en s’attaquant à tout conseiller qui osait proposer le vote du budget. Dame Niang a purement et simplement demandé que le conseil diffère le vote du budget puisque le gouverneur n’est pas présent alors que sa sœur de parti va fustiger le démarrage tardif de la réunion et demander le renvoi. Modou Ndiaye de Pikine a pris la parole pour enfoncer le clou en déclarant qu’il y a « une sorte de complot ourdi contre les gens qui ont boudé parce que ces gens là ont insisté pour que l’on démarre la rencontre sans le gouverneur. On attend qu’il parte pour commencer. Il faut renvoyer la réunion ou je ne vais pas y assister », a-t-il martelé. Abdoulaye Kourouma a, ainsi, joué dans le même registre que ces prédécesseurs. Il dit ne pas pouvoir comprendre le réaménagement de l’ordre du jour qui a été décidé lors de l’ouverture de la session. « Il faut procéder à l’élection du président sinon surseoir à la rencontre et rester à l’écoute du gouverneur ».
Le président de la commission des finances, Babacar Gueye tente de tempérer les ardeurs et interpellent la responsabilité de ces collègues devant l’histoire. « On doit respecter le peuple pour qui nous sommes là aujourd’hui. Nous empochons des indemnités journalières et de session donc nous devons pouvoir attendre la fin de la rencontre pour partir ». Il a essayé de convaincre ces pairs pour le vote du budget mais ces devanciers à la parole ont dit niet et s’y ont opposé vaille que vaille.
Le challenger du candidat du Parti démocratique Sénégalais, Joseph Sarr qui est, par ailleurs le président de la commission des Technologies de l’information et de la communication (Tic) d’expliquer : « le gouverneur n’est pas là et on n’est pas son responsable pour le contraindre à venir. On ne le convoque pas à nos réunions mais on le prévient. Il n’est là que pour voir si cela marche bien. Si on annule ou on suspend la session d’aujourd’hui, on ne sait pas ce qui va se passer. Il faut qu’on continue les travaux le budget peut être voté sans problème ». Amadou Sène Niang a abondé dans le même sens mais son discours va se faire dans une ambiance électrique. Il sera entrecoupé par Dame Niang et Djénaba Ly qui sont déterminés à empêcher toute délibération de l’instance.
Pourtant à côté de Babacar Gueye, de Joseph Sarr et d’Amadou Sène Niang, la majeure partie des conseillers qui se sont exprimés ont plaidé en faveur du vote du budget et de l’élection du président de l’institution sous prétexte que la présence du gouverneur est de droit selon les textes de loi de la décentralisation mais pas obligatoire.
Des échauffourées ont failli éclater dans la salle quand Ibrahima Cissé a pris la parole. Bombant le torse, parlant plus fort que tout le monde et accusant une bonne partie des membres de la conférence des présidents, il a indiqué que cette réunion ne va pas aboutir et qu’il est là pour faire passer les décisions de son parti, le Pds qui soutient la candidature de Kader Sow. Ibrahima Cissé, Djenaba Ly, Dame Niang, Abdoulaye Kourouma ont tellement perturbé la rencontre que les autorités ont envoyé un camion rempli d’éléments de la gendarmerie pour veiller sur l’ordre public. Ne pouvant plus continuer dans cette ambiance, la rencontre a finalement été renvoyée à demain vendredi 28 mars.

Talla Sylla: «Face à Wade et son fils, il n’y a que le langage du combat»


Comme à son habitude, Talla Sylla n’est pas allé par le dos de la cuillère pour fustiger la politique de Me Abdoulaye Wade, expliquant sur les ondes de la radio Océan FM les raisons qui ont amené son parti à rejoindre le Front Siggil Sénégal. Selon le leader du Jëf Jël, Abdoulaye Wade a posé plusieurs actes tendant à déconstruire la démocratie sénégalaise.
Et Talla Sylla en veut pour preuve les reports incessants des élections locales. Selon le leader de l’Alliance Jëf-Jël, « il n’y a pas de démocratie sans élections. Et depuis 2000, il n’y a aucune élection qui s’est tenue à date échue ». Pour faire face à Wade, « il faut un rassemblement le plus large possible, un dispositif de combat, ce que je retrouve aujourd’hui auprès du Front Siggil Sénégal qui a affiché sa volonté d’élever la lutte de plusieurs crans. Et tant que tout le monde sera dans les dispositions de se battre pour sauver le Sénégal, nous serons du même côté. Parce qu’avec Wade et son fils, il n’y a que le langage du combat et de la bataille ».
Au sujet du fils de Wade d’ailleurs, Talla Sylla n’a pas manqué de décocher ses flèches pour dénoncer « la volonté de Wade de vouloir instrumentaliser les institutions pour propulser son fils au pouvoir ». Et Talla Sylla de se demander « où étaient ceux qui se disent aujourd’hui du parti de l’action, au moment des grandes luttes pour la démocratie au Sénégal. Je pense qu’ils ne peuvent même pas être membre du parti de la parole, parce qu’ils n’ont aucune parole. Et s’ils sont dans l’action, c’est certainement dans la périphérie de l’action je dirais même la Corniche de l’action ». Pour Talla Sylla, il n’y a donc qu’une solution pour faire face à Wade, faire preuve de loyauté, d’engagement et de détermination. « Le Sénégal a besoin d’une opposition réelle, forte, réfléchie et responsable ».
Cette sortie de Tall Sylla intervient moins de 24 heures après qu’il eut rejoint le Front Siggil Senegaal, coalition dans laquelle siègent les partis les plus représentatifs de l’opposition sénégalaise. Talla Sylla développe depuis des années un discours radical contre le régime de Me Wade.
Depuis quelques semaines, l’opposition durcit le discours. Des membres de la direction du Parti socialiste (Ps) ont déclaré que l’opposition allait changer de stratégie de lutte et qu’il va investir la rue. Le Parti de l’indépendance et du travail (Pit) a lancé le mot d’ordre de "Fippu" en invitant les populations à prendre leurs responsabilités.
Nettali

lundi 24 mars 2008

Sommet de l'OCI à Dakar : La colère du roi d'Arabie Saoudite


Le 11ème sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) s’est tenu à Dakar, au Sénégal. Rien de tangible au niveau politique mais beaucoup de rififi entre les participants. Récit et plongée dans les coulisses.
Abdulaye Wade, le président sénégalais, peut mourir en paix : la onzième conférence islamique au sommet s’est déroulée sans incidents majeurs et … sans résultats tangibles, ce qui est généralement le meilleur moyen de ne mécontenter personne. Le savoir-faire de Richard Attias, qui, depuis, a épousé dans une synagogue de Manhattan Cécilia Ciganer-Albeniz (l’ex-madame Sarkozy préparait son mariage dans le Club Med de Dakar) n’est sans doute pas étranger à l’organisation correcte de ces gigantesques retrouvailles auxquelles ont participé, les 13 et 14 mars, 5 000 personnes — dont 29 chefs d’Etat — venus de 57 pays. Dommage que le Sénégal n’ait pas confié à Attias le soin de s’occuper de la presse : cela aurait peut-être permis d’éviter une gestion chaotique des accréditations, des conférences de presse et du logement de nos très nombreux confrères…
On a pourtant failli frôler la catastrophe. Quelques semaines avant le sommet, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, principal bailleur de fonds de l’OCI, dépêche quelques-uns de ses hommes pour voir où en sont les préparatifs et si les sommes généreusement avancées par les pays du Golfe, à commencer par son royaume, ont été judicieusement utilisées. Le compte-rendu de ses limiers le met dans une colère homérique. Hormis la corniche qui va de Dakar au beau quartier des Almadies, rien n’est terminé et, en particulier, les cinq hôtels qui devaient accueillir la plupart des délégations. Un très mauvais point pour Karim Wade, à qui papa avait confié le suivi des travaux ! Résultat : 17 ans après le sommet islamique de Dakar de 1991, seul l’hôtel Méridien (déja financé par le royaume saoudien) était encore en mesure d’accueillir les délégations les plus importantes. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir attendu puisque le sommet, qui devait avoir lieu en 2006, a été reporté de deux ans ! Dans l’entourage du secrétaire général de l’OCI, Ekmeleddine Ihsanoglü, on racontait mi-amusé, mi-consterné, que le roi Abdallah avait sérieusement songé à convoquer le sommet à Djeddah. Il a fallu que le président Wade supplie littéralement son homologue saoudien pour qu’il renonce à cette mauvaise idée.


La mauvaise humeur saoudienne


Mais le malheureux Abdulaye Wade n’était pas au bout de ses peines. Il apprend il y a quelques semaines qu’Abdallah ne viendra pas. Il en est malade et répète à l’envi qu’il va tout annuler, qu’il ne veut plus du sommet. Il faut toute la force de persuasion de son entourage pour qu’il finisse par changer d’avis.
Les retards de quelques chantiers suffisent-ils à expliquer la mauvaise humeur saoudienne ? Du côté sénégalais, on en doute et on n’hésite pas à rejeter sur le vilain "frère" marocain la responsabilité du camouflet infligé au Sénégal par l’Etat le plus riche de l’OCI. Le contentieux entre Dakar et Rabat s’est en effet alourdi ces derniers mois avec la participation du Parti socialiste sénégalais au congrès du Polisario puis la décision de Dakar de reprendre le contrôle à 75% d’Air Sénégal International, compagnie dans laquelle la RAM (Royal Air Maroc) détenait jusqu’ici 51% des parts. Les accusations sénégalaises de mauvaise gestion marocaine ont beaucoup agacé à Rabat. Ce qui se murmure avec insistance à Dakar, c’est que les Marocains ont savonné la planche sénégalaise et convaincu Ryad de réduire le niveau de sa représentation. Mohammed VI lui-même s’est bien gardé d’assister à la séance d’ouverture. Si cela n’avait tenu qu’à lui, il se serait volontiers dispensé de cette conférence mais le Maroc, Sahara Occidental et business obligent, ne pouvait faire l’impasse. Néanmoins pour "marquer le coup", Mohammed VI, comme il est coutumier du fait — ce type de réunions l’ennuie profondément — est arrivé plusieurs heures après l’ouverture du sommet.
Hormis ces mauvaises manières entre "Etats frères", participants et journalistes ont été frappés par l’incroyable dynamisme du président sénégalais — officiellement 82 ans mais peut-être plus ! — qui n’a pas hésité à raccompagner un à un les 29 chefs d’Etat présents. Peu de jeunes auraient tenu le coup ! De l’avis général, le président aurait été "dopé" par son médecin personnel qui ne l’a pas lâché d’une semelle durant tout le sommet.


Les vapeurs diplomatiques des chefs d’Etat


On attendait aussi beaucoup de la rencontre entre le Tchadien Idriss Deby et le Soudanais Omar Béchir. On a sans doute eu tort. Glissons sur les nombreuses heures passées par la presse à poireauter pour finalement apprendre que Omar Béchir, "fatigué" par son voyage et souffrant de "maux de tête", a demandé un report au lendemain de sa rencontre avec son voisin. Le visage fermé de Ban Kim Moon, secrétaire général de l’ONU et d’Omar Bongo, venu comme "facilitateur", faisait peine à voir…
Le lendemain, Déby et el Béchir, "réconciliés" , se sont retrouvés autour d’une petite table ronde, installée, on ne sait trop pourquoi, sur les marches du palais présidentiel, pour se donner l’accolade et signer un énième accord. Le visage crispé d’Idriss Déby et le sourire carnassier d’el Béchir en disaient long sur cette réconciliation de façade. Pour Abdulaye Wade, effet d’annonce ou pas, l’essentiel était sauf.
Pour les pays africains les plus démunis et les plus endettés, la déception est une nouvelle fois grande. Ces pays continueront à payer au prix fort leur pétrole en attendant que les plus riches aient fini de "réfléchir", comme ils n’ont cessé de le répéter, aux meilleurs moyens d’aider les plus défavorisés. Les 57 pays se sont simplement contentés de rappeler aux pays donateurs d’alimenter, comme ils s’y étaient engagés, le Fonds islamique de solidarité créé en 2006. Encore un petit effort : à 120 dollars le baril, les dix milliards de dollars devraient être atteints fin 2009. Pour l’heure, les engagements se limitent à 2,3 milliards, dont un milliard de l’Arabie saoudite. Quant à l’effacement de la dette, le groupe africain de l’OCI continuera à attendre.
En revanche, après d’interminables palabres, la charte, qui n’avait pas été modifiée depuis 1972, a été dépoussiérée et mise au goût du jour. Un document de 39 points adopté à l’unanimité servira de feuille de route pour la Oumma, la communauté musulmane. Vaste programme. L’islamophobie (caricatures, harcèlements subis par les musulmans) et le terrorisme ont beaucoup préoccupé l’OCI.
Mais au-delà du contenu de la nouvelle charte, un catalogue de voeux pieux, l’essentiel pour le président sénégalais était que le texte soit signé à Dakar. Ce n’était pas évident. L’Egypte, prochain pays organisateur, et d’autres pays soi-disant "frères", auraient souhaité que la charte version 2008 soit signée ailleurs qu’à Dakar. Président pour trois ans de la Conférence islamique, Abdulaye Wade, se sent désormais investi d’une mission planétaire. Non seulement, il fera tout pour rapprocher Israéliens et Arabes mais se tournant vers l’Amérique latine, il s’est dit prêt à contribuer à la libération d’Ingrid Betancourt. « Après tout, a-t-il dit, Sarkozy l’a bien fait ! ».
Source : bakchich.info

jeudi 20 mars 2008

WADE SE PAIE UN NOUVEL AVION: L’Airbus présidentiel bientôt à Dakar


Le nouvel avion présidentiel bientôt à Dakar. C’est l’hebdomadaire "Nouvel Horizon" qui donne l’information dans sa dernière livraison (exceptionnellement dans les kiosques depuis ce mercredi). L’hebdomadaire de la Sicap révèle que l’avion est positionné au Maroc.
L’actuel régime attendrait juste le moment le plus propice pour faire atterrir à Dakar le nouvel appareil du président de la République.
Le contexte présent marqué au Sénégal par le renchérissement des denrées de première nécessité ne serait pas favorable à l’arrivée à Dakar du Boeing présidentiel. "Nouvel Horizon" voit là d’ailleurs la principale raison du retard accusé dans la réception effective de l’Airbus 319.
Le coût d’acquisition de l’appareil est estimé à environ 50 milliards Cfa, selon l’hebdomadaire.
L’Airbus A319 est le dérivé raccourci de l’A320. Selon le site d’Airbus visité par nettali.com, beaucoup de compagnies aériennes l’ont intégré à leur flotte court/moyen-courrier afin d’adapter encore plus leur capacité à la demande.
L’Airbus 319 a une capacité de 107 à 129 passagers, selon la même source.

KARIM WADE SUR L'AVENIR DE L'ANOCI:"Je ne sais pas encore, c’est au président d’en décider"


Karim Wade, président du Conseil de surveillance de l’Agence nationale pour l’organisation du 11ème sommet de l’organisation de la conférence islamique (Anoci), tenue les 13 et 14 mars derniers, « ne sais pas encore » ce qu’il fera.
Dans un entretien accordé à L’Expansion publié ce mercredi, le fils du président de la République pense que c’est à ce dernier d’en décider.
« Pour l’instant, il nous faut encore tirer le bilan et rendre les comptes », déclare toutefois Karim Wade considéré comme le « dauphin putatif » de son père. Le fils du président de la République ajoute pourtant que qu’il reste des fonds à l’Anoci pour « poursuivre la modernisation de la ville (Dakar) », avançant que la question des embouteillages « n’est réglée qu’à moitié ». « On aimerait régler définitivement le problème d’ici un an grâce aux 205 millions d’euros qu’il nous reste », précise-t-il.
Le président du conseil de surveillance pense en outre que les retombées du sommet sont « considérables », notant que le Sénégal a profité de ce sommet pour moderniser ses infrastructures routières et hôtelières. Selon Karim Wade, « 570 millions d’euros ont été mobilisés auprès de privés nationaux et internationaux. Dont 220 millions pour les routes afin de faciliter la mobilité au sein de Dakar et de sa région (…) Quatre-vingt-dix kilomètres de routes ont été construites : des voies rapides, une voie de dégagement au nord, des tunnels, des ponts… », énumère-t-il, ajoutant que « 280 millions ont été levés pour la construction de cinq hôtels de standing, qui devraient être livrés d’ici 4 à 6 mois ».
De l’avis du chef de Karim Wade, le Sénégal a choisi de diversifier ses sources de partenariat économique face à « un retrait de la France et à un désintérêt de l’Europe pour le continent africain, cela ne doit pas nous arrêter ».

mercredi 19 mars 2008

KHALIFA SALL, MEMBRE DE LA DIRECTION DU PS: "Je suis pour le combat de rue"

Après Barthelémy Dias et Abdoulaye Willane qui a annoncé un autre style d’opposition, c’est au tour de Khalifa Sall de bander les muscles. Il a fait une déclaration musclée à la Préfecture de Dakar hier, alors qu’il était venu déposer la déclaration de "Siggil Senegaal", fustigeant le rapport des élections.

Khalifa Sall, membre du bureau politique du Parti socialiste (Ps) estime en effet que l’opposition a aujourd’hui atteint ses limites objectives. "On nous traite de mous et ça commence à se vérifier", regrette-t-il. A l’en croire, la seule alternative qui reste, "c’est la confrontation : "je suis pour le combat de rue", a-t-il ajouté.

La question, est selon Khalifa Sall, d’avoir des initiatives dès maintenant, car explique-t-il, lorsque Me Wade organisait ses marches, il n y avait pas 40 personnes, mais par effet d’entraînement, les foules suivaient". Khalifa Sall estime qu’il y a aujourd’hui urgence à mobiliser les populations sur des problèmes comme la hausse du coût de la vie".

Doudou Issa Sall également du Bp du Ps soutient le même argumentaire ; "nous allons dans la ru. Les jeunes vont s’organiser. Ils sont prêts...Après le Maouloud, on nous entendra", déclare-t-il.

mardi 18 mars 2008

VISITE DU CHEF DE L'ETAT A TIVAOUANE: Wade fortement hué par la foule en furie


Le Président Wade a été hué par une foule en colère qui criait son ras-le-bol au sujet de la hausse des prix des denrées de première nécessité. C’était hier, lundi 17 mars, à Tivaouane, lors de sa visite au Khalif général des Tidiane, Serigne Mansour Sy. La police était même obligée de lancer des fumigènes pour disperser la foule.
Le président de la République, Me Abdoulaye Wade n’oubliera pas de sitôt la journée d’hier, lundi 17 mars, passée à Tivaoune pour les besoins de la visite rendue au Khalif Général des Tidianes, à quarante-huit heures du Maouloud.Une foule impressionnante, qui l’attendait à sa sortie de son entrevue avec le Khalif général des Tidianes, Serigne Mansour Sy, a crié sa colère face à la flambée des prix des denrées de première nécessité.Les cris de : “gorgui”, « gorgui » sont noyés dans un océan de “thieb bi cherna”, « thieb bi cherna »(le riz est cher), mêlés à des huées qui en dissent long sur le ras-le-bol des populations qui souffrent le martyre d’une hausse en cascades des prix des denrées. Amère, la foule ne pouvait supporter le ballet des rutilants véhicules qui formaient le cortège présidentiel, face à la misère devenue le pain quotidien des Sénégalais d’en bas. “C’est avec ces voitures que rentrerez en enfer, espèce de voleurs » crient, fous de rage, certains manifestants dans la foule.
Comme si cela ne suffisait pas. La foule a voulu accompagner, par des huées, le Chef de l’Etat au domicile de Aziz Sy Junior. C’est en ce moment qu’interviennent les forces de l’ordre pour mettre un terme à cette procession, en lançant des fumigènes. Soudain, c’est la panique qui s’empare de cette foule en colère. Dans le sauve-qui-peut, des manifestants ont été piétinés. Mais il y a eu plus de peur que de mal.
Rappelons que le président de la République est venu rencontrer le Khalif Général des Tidianes pour lui parler du Sommet de l’Oci et de l’argent des Arabes qui a permis, dit-il, de financer, entre autres, les infrastructures. Me Wade a remercié « les religieux dont les prières ont permis le déroulement et la réussite du sommet ». Le Chef de l’Etat a promis, comme Touba - de construire une grande Mosquée à Tivaouane. Abdoul Aziz Sy junior aurait choisi le site de Diaksao où le regretté Dabakh avait vu le jour.
Précisons que Me Wade a fait le déplacement de Tivaouane avec son fils, Karim et le ministre garde des Sceaux, Cheikh Tidiane Sy qui étaient tous dans le véhicule du président de la République.
Soulignons que le Président Wade a eu presque les mêmes problèmes avec les populations Tivaouanoises lors de l’inauguration de l’Hôtel de Police de Tivaouane, qui s’est déroulée en pleine crise des Ics.
Ce n’est pas un hasard si le Président et ses alliés ont perdu, lors de la dernière présidentielle, dans les communes de Tivaouane et de Thiès.