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mardi 7 octobre 2008

CONSOMMATION : Le gouvernement interdit l’importation de lait chinois


Le gouvernement a officiellement pris la décision d’interdire la vente au Sénégal de produits laitiers en provenance de la Chine, a déclaré lundi le ministre de l’Elevage, Oumou Khaïry Guèye Seck.
’Nous n’attendrons pas que ce lait arrive au Sénégal pour réagir. On (le ministère de l’Elevage) a signé, avec les ministères de la Santé et du Commerce, un arrêté interministériel d’interdiction de vente de produits laitiers en provenance de la Chine’’, a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse à Dakar.
Cette décision du gouvernement sera appliquée ‘’jusqu’à nouvel ordre’’, a-t-elle dit, ajoutant qu’un comité de contrôle sera mis en place pour surveiller, aux frontières, les produits laitiers entrant au Sénégal.
Depuis fin septembre, plusieurs enfants chinois tombent gravement malades après avoir bu du lait contaminé.
Le Sénégal vient s’ajouter à une longue liste de pays africains qui ont soit suspendu soit interdit l’importation de produits laitiers en provenance de la Chine.

jeudi 24 avril 2008

« L’Inde va nous fournir 600 000 tonnes de riz par an », dixit Wade


600 000 tonnes de riz par an et pendant six ans. C’est ce que l’Inde a décidé de donner au Sénégal comme réponse aux problèmes alimentaires que connaît le pays. La révélation a été faite par le président de la République, Me Abdoulaye Wade hier, à l’ouverture du Conseil national de développement des collectivités locales, tenu au Méridien Président. Cependant, le Chef de l’Etat n’a pas annoncé la date de démarrage de l’opération.
Le gouvernement de l’Inde serait prêt à fournir à l’Etat du Sénégal 600 000 tonnes de riz chaque année et cela pendant six ans. L’annonce a été faite hier, mercredi 23 avril, par le président de la République, Me Abdoulaye, à l’ouverture du Conseil national de développement des collectivités locales qui s’est tenu au Méridien Président. « Ce matin (ndlr, hier mercredi) j’ai reçu un message du Premier ministre de l’Inde qui m’a dit qu’il va fournir au Sénégal tous ses besoins en riz, c’est-à-dire, 600.000 tonnes par an pendant six ans », rapporte-t-il. Le Chef de l’Etat, qui a promis de réduire le prix du kilogramme de riz, soutient que les services de notre Armée seront sollicités pour l’acheminement de cette denrée à l’intérieur du pays. Et Me Wade égale à lui-même, interpelle son Premier ministre, Hadjibou Soumaré absent de la rencontre, en demandant à ce dernier de « surveiller les débarquements ».
En attendant ce moment, les spéculateurs ont eux, intérêt à se tenir prêts, car l’Etat a promis de sévir contre les commerçants véreux qui augmentent à leur guise le prix du riz.
Et selon Me Wade, l’Inde qui avait pris la décision de ne plus produire de riz destiné à l’exportation, serait aujourd’hui prêt à le faire pour son pays frère, le Sénégal. « J’ai choisi six ans, parce que, parallèlement, nous voulons développer notre production », a précisé le Chef de l’Etat.
Le président de la République qui a « apporté » une « bonne nouvelle » au monde rural, n’a avancé aucune date quant au démarrage de l’opération. Quand est-ce que les 600 000 tonnes de riz vont démarquer au Port de Dakar ? Comment se fera la répartition ? A combien le Kilogramme sera vendu ?
Aucune réponse n’a été apportée à ces interrogations par le « Père noël ». Me Wade a plutôt déclaré que l’Etat du Sénégal a décidé d’importer 50 000 tonnes de riz par mois et d’acheminer le riz dans les coins les plus reculés du pays. Le chef de l’Etat a rassuré qu’il n’y aura pas de famine au Sénégal. Par ailleurs, Me Wade a salué l’engouement autour de sa Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana).
« Je suis heureux de constater l’engouement des ministres, des chefs religieux, tout le monde demande des terres, pour aller cultiver. Cela ne s’est jamais produit au Sénégal », dit-il, avant de lancer à l’endroit des représentants des collectivités locales : « C’est de vous que relève la compétence de distribuer les terres, soyez généreux ».
Il a profité de cette tribune pour répondre à ses détracteurs : « Je pense que sur cette terre aujourd’hui, il n’y a pas de place pour ceux qui ne sont pas ambitieux. L’ambition n’est pas la prétention. Le reste relève de Dieu », dit-il. Me Wade a promis de soutenir et de donner les moyens aux élus .

« AU SENEGAL, IL Y A UNE DETERIORATION DE LA SECURITE ALIMENATIRE », annonce le PAM



Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)

GENEVE- Dans cette interview exclusive, Christiane Berthiaume, porte parole du PAM, confirme les propos du Président Wade qu’ « il n’y a pas de famine au Sénégal », mais elle constate une situation « de détérioration de la sécurité alimentaire ». Face à cette crise de niveau mondial, le PAM recommande un retour à l’agriculture et se dit prêt à soutenir les pays qui s’engageront dans cette voie. A court terme, l’organisation onusienne a lancé des filets de sécurité sociale, surtout pour les plus fragiles : les enfants, les mères enceintes et allaitantes. En collaboration avec l’UNICEF, le PAM veut garder les enfants à l’école. L’organisation nourrit plus de 20 millions d’enfants dans les écoles des pays pauvres.


Le président Abdoulaye Wade a déclaré que la presse fait du « sensationnalisme » en évoquant la « famine » ou « les émeutes de la faim ». Pour lui, il n’y a ni famine ni émeute au Sénégal. Que dit le PAM ?


« Il n’y a effectivement pas de famine au Sénégal, mais une situation qui doit être suivie de près pour les plus vulnérables, en particulier les femmes enceintes et allaitantes et les enfants, avec une période de soudure qui s’annonce plus difficile que les années précédentes et une détérioration de la sécurité alimentaire, en raison de récoltes moins bonnes dues à une faible pluviométrie, comme le souligne les autorités sénégalaises. Le Sénégal dépendant fortement des importations pour les céréales, la hausse des prix a eu un impact sur la vulnérabilité des plus faibles. Le gouvernement a annoncé des réformes de long terme et de court terme et cela doit être salué. Le PAM, pour sa part, travaille avec le gouvernement sénégalais dans le cadre de ses programmes d’action déjà existants dans le pays. »


Mme Berthiaume, le PAM a déclaré vendredi que la hausse des prix constitue son plus grand défi durant ces 40 dernières années. Peut-on en savoir les raisons ?


« L’augmentation vertigineuse des prix des céréales ainsi que du pétrole a un impact considérable sur deux aspects particuliers de la mission du PAM. D’abord, un impact financier important sur les activités du PAM qui vient en aide à 73 millions de personnes, parmi les plus vulnérables au monde : des réfugiés, des personnes déplacées par la guerre ou par les catastrophes naturelles, qui vivent dans des camps et dépendent de l’aide alimentaire du PAM pour survivre. En raison de l’envolée des prix, les coûts du PAM destinés à l’achat et au transport des secours alimentaires ont augmenté de 55% depuis juin dernier. Le PAM a dû réévaluer à la hausse son budget initialement prévu pour 2008 et demander un surplus de 756 millions de dollars. Ce montant est provisoire. Car il ne tient pas compte d’une éventuelle crise qui pourrait éclater dans le monde ; un autre conflit, une autre catastrophe naturelle dont les victimes auraient besoin de notre aide. Qui plus est, l’envolée des prix va entraîner dans la faim d’autres victimes, ceux qui vivent déjà sur le fil du rasoir dans les pays pauvres, qui dépensent déjà jusqu’à 70% de leur budget pour se procurer de la nourriture et qui ne peuvent absorber le choc d’une autre augmentation sans devoir retirer les enfants des écoles pour les mettre sur le marché du travail, réduire la qualité de leur alimentation et même le nombre de repas par jour. La Banque Mondiale estime que la crise actuelle menace 100 millions de personnes. Des milliers d’entre elles pourraient avoir besoin de notre aide. Le PAM doit faire face à un défi jamais connu : la faim a maintenant un nouveau visage. Le PAM intervient traditionnellement dans des situations où il y a absence de nourriture : pour venir en aide aux réfugiés et personnes déplacées qui ont fui la guerre ou une catastrophe naturelle et qui se retrouvent dans des camps sans opportunités de travail, ni de terres à cultiver. Or, à cause de la flambée des prix, il y aura des vivres sur les étagères des épiceries, ou encore dans les marchés, mais les plus pauvres n’auront pas les ressources financières pour se les procurer. Le problème de la faim a pris une dimension complètement nouvelle et différente de celle que l’on a connue à ce jour en raison de la crise mondiale actuelle de l’alimentation. Les réponses doivent être différentes et concluantes. »


Quelle est votre stratégie pour faire face à la situation ?


« Il faut d’abord répondre à l’urgence et faire en sorte que les 73 millions de personnes à qui nous venons en aide à travers le monde aient de quoi se nourrir, sans cela nous nous retrouverions au milieu de l’été avec de déchirantes décisions à prendre : soit réduire le nombre des bénéficiaires ou réduire les rations alimentaires. Mais nous sommes confiants. Les pays donateurs vont venir à notre secours. Ils sont conscients du problème et préoccupés par les conséquences possibles. A court terme, il s’agit pour le PAM de soutenir ou encore aider à mettre en place, dans les pays les plus touchés, des filets de sécurité sociale, surtout pour les plus fragiles : les enfants, les mères enceintes et allaitantes. Il faut aussi faire en sorte de garder les enfants à l’école avec des programmes l’alimentation scolaire (le PAM nourrit plus de 20 millions d’enfants dans les écoles des pays pauvres) et même élargir ces programmes qui pourraient servir de centre pour toute intervention nutrionnelle nécessaire. A long terme, c’est toute la politique de développement agricole qui est à revoir. Devant les avancées des nouvelles technologies, la course dans l’espace, l’internet, etc...
L’agriculture a été pendant trop d’années le parent pauvre du développement. Cette crise va peut-être redonner ses lettres de noblesse à l’agriculture. C’est à souhaiter, car sans nourriture, rien ne peut s’accomplir ; aucun développement n’est possible. Nous disposons de suffisamment de terres arables dans le monde pour nourrir tous les habitants de la planète. Or, de nombreux pays n’ont pas développé leur potentiel agricole. Le continent africain est l’exemple le plus frappant. La moitié de ceux qui ont faim en Afrique sont des fermiers. Certes, les pays africains auront besoin d’aide internationale, mais ils devront également en faire leur priorité et respecter les engagements pris par le NEPAD et l’Union africaine de consacrer 10% de leurs revenus au développement agricole. Près de 80% des employés en Afrique travaillent dans le secteur agricole. Pour sa part, le PAM est prêt à soutenir les politiques de réforme et à mettre son savoir-faire et ses soutiens techniques à la disposition des gouvernements qui s’engageront dans des programmes de développement agricole.
Simultanément, le PAM va continuer et augmenter ses achats locaux et mettre en oeuvre ce que l’organisation appelle « la solution 80/80/80 » : 80% des achats de denrées alimentaires dans les pays en développement afin d’aider l’économie de ces pays, 80% du transport assuré par des compagnies locales pour encore une fois aider l’économie locale et transférer un savoir-faire et 80% des employés engagés localement pour que ceux-ci puissent continuer le travail une fois que nous serons partis.


Qu’attendez- vous concrètement de la Communauté internationale ?


« Une crise de cette ampleur demande une réponse concertée de la part de tous : gouvernements, agence des Nations Unies, organisations non gouvernementales, secteur privé, citoyens du monde, etc.... A crise mondiale, il faut une réponse globale. Il faut s’attaquer une fois pour toute à la racine du problème. »

SENEGAL-FIXATION DES PRIX DU RIZ: L’Unacois dénonce l’unilatéralisme du gouvernement


Les prix du riz ont été stabilisés, par décret du gouvernement pour contrer la flambée qui affecte les produits de grande consommation. Une décision unilatérale, estime l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois-jappoo) qui réclame une réflexion plus poussée sur les procédures de fixation des prix et surtout l’implication de tous les acteurs.
Selon Ousmane Sy Ndiaye, Secrétaire permanent de l’Unacois-jappoo, il est très difficile de maîtriser le coût du riz au plan mondial. Il y ajoute les difficultés rencontrées par les siens sur la gestion de la problématique par le gouvernement, se plaignant de ne pas être associée à la fixation des prix de la céréale.
« La procédure de fixation du prix du kilo n’a pas associé l’ensemble des intervenants de la filière. C’est une chose de consulter les importateurs, mais c’est davantage plus important aussi d’associer largement les distributeurs et les grossistes. C’est à cette condition que nous aurons un sentiment global qui traduit un tout petit peu la réalité de la filière et en ce moment, nous aurons peut-être une décision qui pourrait éventuellement être respectée par la majorité des acteurs », soutient le Secrétaire permanent de l’Unacois-Jappoo.
A la question de savoir si les commerçants regroupés au sein de cette organisation adhèrent à cette nouvelle grille de prix fixée par le gouvernement, M. Ndiaye Sy rétorque que « naturellement il va être très compliqué de le remettre en cause. D’abord parce que l’information est déjà partie. Mais ce qui est important, c’est un peu de réajuster et de recentrer l’ensemble des activités, que ce soit l’intervention du gouvernement ou l’intervention des commerçants ».
Il soulève en outre des questions liées à la durée de vie des prix, la prise en compte des stocks disponibles.
Début avril, l’Unacois-Jappo avait appelé l’Etat à lever les protections sur certains produits de consommation courante comme l’huile, le sucre, au cours d’un point de presse, ce jeudi, à Dakar pour permettre de soulager un peu les populations face à la tendance haussière des denrées de première nécessité.
« La hausse de 52 % de taxes de protection sur les autres produits de consommation courante ne facilite pas la vie des aux Sénégalais », avait déclaré Moustapha Lô, coordonnateur de ladite organisation, chargé de la communication. Ces commerçants avaient également demandé à l’Etat de baisser les droits de douane sur les denrées de première nécessité à défaut d’y renoncer. Ils avaient noté que d’ici trois mois, le marché national sera correctement approvisionné en riz, grâce, disent-ils, à leurs connaissances de la filière, que le kilogramme ne pourrait pas coûter moins de 280 francs pour le riz parfumé et 290 francs pour le riz parfumé. Au-delà de trois mois, avaient-t-ils prévenu, les Sénégalais doivent s’attendre à acheter ce riz entre 450 francs et 500 francs.
Le 11 avril dernier, le gouvernement a décidé de fixer par décret le prix du riz standard (riz brisé consommé par la majorité des Sénégalais) à 260 FCFA le kilogramme.

lundi 21 avril 2008

LA GOANA DE WADE FACE A LA CRISE ALIMENTAIRE: «Autosuffisance possible que dans dix ans», estime Jean-Christophe Ruffin


La Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) du chef de l’Etat suscite déjà des réactions. L’ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Christophe Ruffin, estime que l’autosuffisance possible, mais dans dix ans. Quant aux paysans de Galoya, dans la vallée du fleuve Sénégal, ils approuvent l’idée, mais réclament des aménagements hydro-agricoles et des matériels performants.
Le Sénégal peut atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais dans dix ans seulement. C’est l’avis de l’ambassadeur de France au Sénégal. Jean-Christophe Ruffin propose pour y arriver la réforme du système bancaire sénégalais.
Le diplomate français, qui se confiait au journal « Aujourd’hui en France », estime que les ménages sénégalais sont en situation difficile à cause des prix très élevés. Cette sortie prend en tout cas le contre-pied de l’optimisme du président Abdoulaye Wade qui a sonné vendredi la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) pour, en un temps record, faire face à la crise alimentaire.
Le président Wade ambitionne la satisfaction « dès le prochain hivernage et sa contre-saison, de tous les besoins alimentaires et, au-delà, remplir les greniers ». Me Wade fixe des objectifs de deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, cinq cent mille (500 000) tonnes de riz et deux millions de tonnes pour les autres céréales comme le mil, le sorgho, le fonio, etc.
Pour leur part, les cultivateurs de Podor exigent l’utilisation de l’expertise paysanne, l’exploitation des aménagements hydro-agricoles de la vallée, mais également et surtout la mise à disposition de matériels de culture performants.
A Galoya, chef-lieu de Communauté rurale, les paysans attirent l’attention des autorités sur les maux dont souffre leur localité. Dans ce village, 804 membres réunis autour de 4 Gie (groupements d’intérêt économique) sont confrontés à des difficultés de survie. Zone agricole par excellence, les populations de cette localité ne se partageraient pourtant que 68 hectares.
Si l’on se félicite du projet du chef de l’Etat qui consiste à relancer les différentes filières agricoles, il reste que pour les paysans, l’essentiel est de mettre à leur disposition des aménagements dignes de ce nom et du matériel agricole performant. Car, l’exploitation des immenses potentialités agricoles existant le long de la vallée aurait suffi à régler le problème du chômage et de l’autosuffisance alimentaire, à en croire ces paysans de la vallée.

FLAMBLEE DES PRIX DU PETROLE:Pétroliers et pays consommateurs impuissants


AFP - Pays consommateurs et compagnies pétrolières internationales admettaient leur perte d’influence dimanche lors d’une conférence à Rome, les premiers impuissants face à la flambée des cours de l’or noir, les secondes confrontées au nationalisme pétrolier des pays producteurs.
"Dans les années 1970, les compagnies pétrolières internationales contrôlaient près de 75% des réserves pétrolières mondiales et 80% de la production", a constaté le PDG du groupe italien Eni, Paolo Scaroni, à l’ouverture du Forum international de l’Energie.
"Aujourd’hui, elles contrôlent seulement 6% des réserves pétrolières (...) et 24% de la production", le reste étant "aux mains des compagnies nationales", a-t-il ajouté, devant des représentants des pays producteurs ou consommateurs d’énergie, et de multinationales du secteur.
Avec un prix du pétrole qui a atteint vendredi le record de 117 dollars le baril à New York, de nombreux pays producteurs, à l’instar du Venezuela ou de la Russie, ont moins besoin du concours des "majors" pour exploiter leurs ressources pétrolières.
"Cela ne signifie pas que les compagnies pétrolières internationales ont perdu totalement leur rôle et sont sur le point de disparaître", mais qu’elles "ont profondément besoin de repenser leur métier afin de survivre", a poursuivi M. Scaroni.
Pour lui, les compagnies pétrolières doivent renforcer au maximum leur "savoir-faire technologique" pour développer les "projets difficiles".
Un avis partagé par le PDG de la compagnie anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell, Jeroen van der Veer, qui a affirmé que les compagnies pétrolières devaient inventer un "nouveau modèle", basé sur "la technologie" et "la capacité de gérer des projets de grande taille".
Les nouveaux gisements pétroliers sont de plus en plus complexes à exploiter : loin des côtes, enfouis en mer profonde, ou produisant des pétroles ultra-lourds et chers à raffiner, comme au Venezuela ou au Canada.
Mais les compagnies pétrolières sont prises entre "le marteau et l’enclume", à la fois développer ces projets de long terme et "répondre aux marchés financiers qui exigent des résultats immédiats", a déploré le PDG d’Eni.
Le patron du groupe énergétique italien Enel, Fulvio Conti, a suggéré que le marché donne un "signal clair" de "prix stable de long terme" aux investisseurs, pour pouvoir développer ces gisements difficiles et "réduire la volatilité des prix" du brut.
Un message qui va dans le sens de prix du pétrole durablement élevés. Le patron de Total, Christophe de Margerie, présent à Rome a estimé récemment qu’il fallait un baril entre 70 et 80 dollars "minimum" pour couvrir les coûts élevés des nouveaux projets.
Les pays consommateurs doivent également "donner assez de visibilité sur l’évolution de la demande d’ici 15 ans", a estimé le ministre italien de l’Industrie, Pier Luigi Bersani.
Mais M. Bersani n’a pas voulu dire si l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) devait augmenter sa production pour calmer les prix, se contentant d’appeler à une plus ample "coopération" entre producteurs et consommateurs.
Même si le numéro deux de l’Agence internationale de l’énergie, William Ramsey, a lui affirmé qu’il n’était "pas raisonnable" de la part de l’Opep de demander de "sécuriser la demande à horizon de 30 ans".
Symbole d’un rapport de force plus favorable aux producteurs, le PDG d’Eni s’est même excusé d’avoir quitté le Qatar en 2002.
Le cartel continue en tout cas à se montrer inflexible, les ministres koweïtien et qatari du Pétrole répétant que le marché est suffisamment approvisionné en pétrole.

dimanche 20 avril 2008

LA GOANA POUR RESOUDRE LA CRISE DE L’AGRICULTURE:Wade livre la terre


Me Abdoulaye Wade, président de la République a exposé hier, vendredi 18 avril sa « Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance » (Goana). Le Conseil présidentiel sur l’Agriculture qu’il a convoqué hier au Méridien Président lui a servi de tribune. Selon lui, ce programme qui demande l’implication de toutes les forces vives du pays et qui sera mis en œuvre dès le prochain hivernage, a prévu deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, 500 000 tonnes de riz et deux millions de tonnes pour les autres céréales comme le mil, le sorgho, le fonio, etc. Pour l’élevage, les objectifs à moyen terme portent, indique-t-il, sur une production de 400 millions de litres de lait et 435000 tonnes de viande. Pour la réussite du programme, il livre les terres « sans restriction à ceux qui peuvent les exploiter… »
Le président de la République, Me Abdoulaye Wade a lancé hier, vendredi 18 avril dernier un « Grand » programme pour contrecarrer la flambée des prix au niveau international. Avec la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), le gouvernement compte assurer « à la satisfaction, dès le prochain hivernage et sa contre saison, tous nos besoins alimentaires et au-delà, remplir nos greniers ». Le chef de l’Etat en a fait l’annonce à l’occasion d’un Conseil présidentiel sur l’agriculture qui a réuni les membres du gouvernement, de l’administration territoriale, d’élus locaux, de directeurs de sociétés publiques, entre autres.
« Le Sénégal, à la lumière de notre récente expérience, a décidé de relever le défi et, non seulement d’écarter tout risque de disette ou de famine, mais même de produire pour l’abondance », a-t-il déclaré. Le président de la République a souligné qu’à travers ce programme, le Sénégal se fixe comme ambition de réaliser deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, 500000 tonnes de riz et deux millions de tonnes pour les autres céréales tels que le mil, le sorgho, le fonio, entre autres. Pour ce qui est de l’élevage, les objectifs à moyen terme portent, selon lui, sur une production de 400 millions de tonnes de lait et de 43500 tonnes de viande.
Pour la réalisation de ces prévisions, le chef de l’Etat a instruit toutes les forces vives de la nation et demandé au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires. « Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour mettre à la disposition des candidats producteurs, les paysans en tête, des semences de qualité à portée de main », a-t-il révélé. Et d’annoncer une batterie de mesures : « nous avons déjà importer de l’Inde des équipements, les directeurs et cadres de société sont invités à cultiver au moins 20 hectares et le plafond n’est pas limité. Deux bateaux d’urée sont en position d’approche sur nos côtes pour la fabrication des engrais. Nous demandons à nos partenaires de nous aider à obtenir les semences et les équipements complémentaires, soit par don soit par crédit ».
Le président Abdoulaye Wade a, en outre, rappelé que « les pluies artificielles ont été pratiquées avec succès et que le système expérimenté depuis trois ans est maintenant au point. Il nous manquait seulement les avions pour ensemencer les nuages et j’ai donné l’ordre de les acheter. Chacun équipé coûte 5 milliards de francs Cfa », a-t-il affirmé.
Le président de la République s’est, par ailleurs, adressé à tous les Sénégalais, hommes, femmes et jeunes, surtout aux étudiants, d’engager avec nous cette offensive pour vaincre la fatalité. Il a, aussi lancé une invite aux chefs religieux et coutumiers, aux chefs de villages, à nos paysans et pasteurs, aux Sénégalaises et Sénégalais de la diaspora, au secteur privé national comme étranger. L’appel d’Abdoulaye Wade ne laisse en rade aucune couche de la société Sénégalaise aussi bien les élus que les simples citoyens.
Le président de la République a, par ailleurs, réservé un message spécial aux membres de l’administration territoriale pour que le programme puisse être exécuté jusqu’aux confins du pays. « Votre mission, vous l’aurez déjà compris est, chacun dans son territoire, de veiller à ce que le plan soit exécuté intégralement et selon le chronogramme qui vous sera délivré. Vous allez montrer que, dans notre pays, l’administrateur n’est pas un rond de cuir mais un agent actif au cœur du développement. Vous êtes le pont avancé de la grande offensive. Je vous fais confiance. Je souhaite, en passant sur la route, ne plus voir des terres non défrichées, non exploitées ».
Abdoulaye Wade a demandé avec insistance aux gouverneurs, préfets et sous préfets de donner des terres sans restriction à ceux qui peuvent les exploiter. Pour assurer une réussite pleine de son programme, le chef de l’Etat a aussi annoncé qu’une commande de magasins de conservation des récoltes a été déjà passée en Espagne.

mercredi 16 avril 2008

VIVRES DE SOUDURE POUR LE MONDE RURAL: Les paysans évaluent les besoins à 83 milliards Cfa


A Thiès, le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) revient sur l’assistance promise au monde rural par l’Etat. Le Cncr redit sa conviction par rapport à l’insuffisance de l’enveloppe de 10 milliards dégagée par l’Etat et demande 83 milliards de F Cfa pour couvrir les besoins des paysans.
"Si l’Etat pense effectivement qu’avec 10 milliards de francs Cfa, on peut soulager le monde paysan, il se trompe lourdement", signale le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux. Dans le contexte actuel de période de soudure très aiguë, l’organisation paysanne estime que seule une enveloppe de 83 milliards de F Cfa pourrait sortir les ruraux de la situation dans laquelle ils se débattent. « En 2003, l’Etat avait octroyé 10 milliards pour les hommes et pour le cheptel, 5 milliards. Cette année, pour les hommes et le cheptel, c’est 10 milliards. Voilà pourquoi le Cncr a estimé que ce geste est largement insuffisant et qu’il faudrait véritablement, selon nos estimations, 60 milliards de F Cfa pour pouvoir prendre en charge les hommes pendant cinq à six mois. Il faut environ 23 milliards pour prendre le bétail en charge », évalue Baba Ngom, Secrétaire général du Cncr.
Pour le patron des ruraux, il s’agit non seulement d’assister les paysans avec des vivres de soudure ou des aliments de bétail, mais aussi de définir avec l’ensemble des acteurs qui gravitent autour de l’agriculture en général une politique agricole fiable et viable. « Il faudrait aussi que l’Etat s’asseye avec les acteurs pertinents, pour qu’on définisse une politique agricole pour notre pays qui mette en exergue la maîtrise de l’eau, la maîtrise des terres, du foncier et aussi la maîtrise technique pour une bonne production », précise Baba Ngom.
Le Secrétaire général du Cncr pense qu’au-delà de toutes ces mesures, l’Etat doit reprendre le dialogue avec les paysans. Car, depuis 2000, se désole-t-il, le gouvernement a complètement rompu les amarres avec le Cncr et depuis lors, le résultat est là, constate Baba Ngom.
Face au renchérissement des prix des denrées ainsi qu’à la mauvaise campagne agricole, les risques de famine dans le monde rural ont poussé le gouvernement à allouer une enveloppe de 10 milliards à l’assistance aux paysans. Une enveloppe que d’autres que le Cncr ont déjà jugé insuffisante, sans compter les risques de détournement qui peuvent survenir avant qu’elle n’arrive à ses véritables destinataires. Le Président Wade a, à ce sujet, instruit le Premier ministre à veiller à la transparence dans la distribution des vivres allouées par l’Etat au monde rural.

jeudi 10 avril 2008

INFLATION: Jacques Diouf attristé par les ‘’émeutes de la faim’’


Le directeur général de la FAO a exprimé sa ‘’tristesse’’ face à la vague d’émeutes de la faim relevées dans plusieurs pays, notamment le Sénégal, suite à la hausse des prix des denrées de première nécessité.
Il s’agit d’une ‘’tristesse qui est d’autant plus forte que c’était la chronique d’une catastrophe annoncée’’, a-t-il déclaré lors d’un chat avec le journal Le Monde visité jeudi à l’Agence de presse sénégalaise.
Jacques Diouf indique avoir prédit ces émeutes dès octobre et lancé, en juin lors d’un séjour en Amérique Latine, en Afrique et en Asie, ‘’la proposition d’un sommet mondial sur la sécurité alimentaire devant les défis du changement climatique et des bioénergies’’.
‘’Ce sommet, qui se tiendra du 3 au 5 juin 2008, va être une réunion d’urgence, avec les émeutes qu’on a vues en Asie, en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Burkina Faso, au Cameroun, au Maroc, en Egypte, en Haïti, etc’’, a-t-il expliqué.
‘’Il faut attaquer le problème de la rareté des denrées alimentaires par rapport à la demande, et prendre des mesures pour augmenter la production dans les pays déficitaires, surtout les pays en développement’’, préconise Jacques Diouf.
M. Diouf soutient avoir, dès décembre 2007, lancé l’initiative contre la hausse des prix des produits alimentaires en mettant, sur les ressources de la FAO, 17 millions de dollars à un fonds qui devrait atteindre 1,7 milliard de dollars’’.
Ces fonds devraient permettre aux agriculteurs, notamment les plus pauvres, d’avoir accès à des semences dont les prix ont augmenté de 36 à 72 %, à des engrais dont les prix ont augmenté de 59 %, et à des aliments du bétail dont les prix ont augmenté de 62 %, a-t-il dit.
Au-delà de cette action, ‘’il faut naturellement investir davantage dans l’agriculture, notamment dans les infrastructures rurales’’, estime M. Diouf.
Le patron de la FAO espère que ‘’les chefs d’Etat et de gouvernement du monde adopteront les politiques, les stratégies et les programmes nécessaires pour relever ces défis’’.
‘’Nous n’avons que douze semaines de consommation mondiale en stock, et il y a de fortes demandes, comme vous le savez, dans les pays asiatiques, au moment où les plus grands exportateurs sont en train de bloquer la sortie de leur riz pour satisfaire leur demande intérieure’’, a signalé Jacques Diouf.
Expliquant le phénomène de la hausse des prix, M. Diouf avance des ‘’facteurs objectifs’’ comme la forte demande de pays comme la Chine, l’Inde, affectant ainsi les stocks mondiaux, les changements climatiques et les inondations, l’augmentation du prix des hydrocarbures etc.
A cela s’ajoute également la ‘’spéculation, avec les hedge funds qui se sont portés sur les marchés à terme de Chicago, et on a vu en une journée des augmentations de 31 % des prix, qui naturellement n’avaient rien à voir avec la réalité de la demande et des stocks’’, selon Jacques Diouf.
‘’ Pour le moment’’ l’Afrique et le Moyen-Orient sont les régions les plus touchés, souligne Jacques Diouf qui fait états ‘’des inquiétudes sérieuses pour l’Asie, avec le riz en particulier’’.
APS

Economie: Le FMI prévoit un ralentissement de la croissance mondiale en 2008


Le Fonds monétaire international (FMI) a présenté hier son rapport sur la conjoncture économique mondiale. L’institution financière prévoit un ralentissement de la croissance de 3,7% en 2008 et une tendance qui pourrait se poursuivre en 2009. Selon l’organisation, c’est toute l’économie mondiale qui est touchée en raison de la crise financière américaine. Le FMI recommande une baisse des taux d’intérêt pour faire face à cette crise.
C’est son rôle de gendarme de l’économie mondiale, le FMI donne ses recommandations. Premier touché, premier servi, les Etats-Unis où les prévisions d’une récession économique en 2008 et la détérioration de l’emploi justifie, selon le FMI, une poursuite des baisses des taux d’intérêts décidée par la Banque fédérale.
Même combat du côté de la zone euro où le FMI plaide pour un assouplissement de la politique monétaire en pariant sur une baisse conjoncturelle de l’inflation en 2009. Quant à l’intervention directe des pouvoirs publics notamment aux Etats-Unis, le FMI n’y est pas opposé.
Durcissement de la politique monétaire
Si l’utilisation du denier public pour sauver les établissements bancaires est évoqué comme un dernier recourt, le Fond monétaire ne cache pas son intérêt pour une solution visant à éviter les crises de confiance et de crédit, le tout en veillant, précise l’institution, à éviter de créer un risque moral excessif.
Dans les pays émergents, afin de juguler l’inflation, le FMI préconise avant tout un durcissement de la politique monétaire avec un régime de change plus flexible. Enfin, à plus long terme, le FMI prône une action globale devenue indispensable dans un monde de plus en plus multipolaire.
Le FMI n’exclut pas la possibilité d’une aide budgétaire dans une série pays, même si elle juge encore prématurée d’engager une telle action.
RFI

mardi 8 avril 2008

SOLUTIONS A LA TYRANNIE DU RIZ : Le gouverneur Sambou pour un "changement de comportements"

Les spécialistes prévoient une raréfication de la denrée riz sur le marché sénégalais. L’ancien gouverneur de Dakar Saliou Sambou émet sur le même tempo, en expliquant que les pays producteurs ont aujourd’hui besoin de cette denrée. Sambou prône l’intensification de la culture du riz dans la vallée et en Casamance en même temps qu’il milite pour un changement des traditions culinaires.
Saliou Sambou, présidant un forum économique à Thionk-Essyl, dans la région de Ziguinchor, constate que « la tyrannie du riz a trop duré ». Pour lui, la solution passe d’abord par un changement des habitudes culinaires : « j’ai été au Bénin et il y a au moins cinq plats à base de légumes différents, à base de céréales différentes. Il y a la pâte noire qui est composée d’igname, la pâte blanche avec le manioc, le maïs et le riz. Et il y a d’autres produits qu’ils ont, plus le mil. Alors que chez nous, on s’en tient au riz. Même les Sérères prennent riz comme aliment de base, alors que normalement, ce devait être le mil". Pour le responsable de l’Administration territoriale au ministère de l’Intérieur dénonce l’ancrage de mauvaises habitudes alimentaires dans notre culture qui a des conséquences économiques. "Avec ces effets d’imitation, on a perverti nos systèmes de vie et la conséquence, nous allons la payer cash", dénonce Sambou.
L’ancien gouverneur de Dakar par ailleurs engagé dans le processus de paix en Casamance ne prend pas l’Etat pour seul responsable de la présente situation marquée par une raréfication de la denrée riz : « il faut que les gens comprennent que ce n’est pas de la responsabilité du gouvernement du Sénégal. C’est la denrée qui est en train de se raréfier actuellement et son prix monte. Mais le drame, c’est que même si on a de l’argent, d’ici quelque temps, nous n’aurons même pas de produit à acheter, même si vous avez des milliards ».
A l’en croire, « la parade, c’est que nous nous retournions vers le Fleuve et la Casamance. Le Fleuve, dans le cadre des aménagements du fleuve, en Casamance avec l’Anambé et surtout chez les Joolas. Mais, le système du Joola est quand même anachronique parce que la kajandu a été inventé depuis le XIIIe siècle, il n’y a pas d’améliorations". Il s’y ajoute, mentionne-t-il en le regrettant, "les Joolas ont pitié des bêtes pour faire la traction animale. Et comme les Sérères, ils prennent les bêtes comme leurs propres familles". Et d’encourager un changement de comportement "pour qu’au moins, on puisse cultiver à grande échelle et produire". Sambou estime également qu’on ne peut pas occulter la dimension aménagements dans la bataille pour l’autosuffisance en riz. "Dans le cadre d’une production intensive, il faudrait aussi un remembrement des terres", dit-il.

mardi 1 avril 2008

MARCHE DU RIZ: Vers une pénurie de tous les dangers


La hausse des prix et une peur croissant de la disette ont amené certains grands pays producteurs mondiaux de riz à annoncer une diminution drastique des exportations. De quoi faire craindre des pénuries dans les grands pays de consommation de la céréale comme le Sénégal. Des troubles ne sont pas à exclure, selon cet article du New York Times, 29 mars 2008.
Réactions en chaine. L’accroissement de la demande, les déséquilibres du commerce mondial, la baisse du dollar, sans oublier la spéculation - comme aux plus beaux jours de l’Ancien Régime - concourent au renchérissement des aliments de base. Après l’Afrique de l’Ouest, secouée par des émeutes, puis l’Egypte, voici l’Asie à son tour en proie à la violence et aux troubles. La « règle » du marché, loin d’attribuer à chacun sa juste part comme le prétendent ses zélateurs, amplifie et aiguise les tensions mondiales, au gré des dérèglements de forces devenues incontrôlables et irrationnelles. Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage, prophétisait en son temps Jaures. Faudra-t-il revivre à nouveau une sanglante catharsis pour que cette leçon redevienne nôtre ?
La hausse des prix et une peur croissante de la disette ont amené certains des premiers producteurs mondiaux de riz à annoncer une limitation drastique de leurs exportations en la matière. Le prix du riz, qui constitue un des composants de base du régime alimentaire de près de la moitié de la population mondiale, a presque doublé sur les marchés internationaux au cours des trois derniers mois.
Le budget de millions de pauvres Asiatiques s’en est trouvé amputé d’autant tandis que grandissent les craintes de désordres civils. Pénuries et hausses des prix de nombreux produits alimentaires ont généré ces derniers mois des tensions et mêmes des violences de par le monde. Depuis janvier, des milliers de soldats ont été déployés au Pakistan pour escorter les camions acheminant blé et farine. Des protestations ont éclaté en Indonésie du fait de la pénurie de pousses de soja, tandis que la Chine rétablissait le contrôle des prix de l’huile de cuisine, des céréales, de la viande, du lait et des œufs.
Des émeutes ont éclaté ces derniers mois, pour des raisons similaires, en Guinée, en Mauritanie, au Mexique, au Maroc, au Sénégal, en Ouzbékistan et au Yémen. Mais les décisions prises ces deux derniers jours par les nations exportatrices de riz - qui visent à garantir la satisfaction de leurs propres besoins grâce à leurs maigres disponibilités - ont mené les prix à de nouveaux sommets sur les marchés.
L’insécurité des nations importatrices s’en est trouvée renforcée, qui désespéraient déjà d’assurer leur approvisionnement. Mardi, le Président Philippin Gloria Macapagal Arroyo, craignant une aggravation de la pénurie de riz, a mission des enquêteurs gouvernementaux pour repérer les accapareurs.
Cette hausse du prix du riz promet d’accroître la pression sur les prix aux Etats-Unis, qui importent, selon l’Association des Producteurs de Riz des Etats-Unis, plus de 30 % du riz que les Américains consomment. L’an passé déjà, le prix du riz payé par le consommateur avait augmenté de plus de 8 %.
Mais les Etats-Unis ont la chance d’être également exportateurs de riz ; les pays pauvres comme la République du Sénégal en Afrique de l’Ouest ou les Îles Salomon dans le Pacifique Sud dépendent lourdement des importations et doivent aujourd’hui composer avec des factures plus élevées.
Le gouvernement vietnamien a annoncé vendredi qu’il réduirait cette année ses exportations de riz de près d’un quart. Il espère qu’en conservant davantage de riz pour sa consommation intérieure, le pays limitera la hausse des prix. Le même jour, l’Inde a interdit l’exportation de toutes les qualités de riz, à l’exception des plus onéreuses. L’Egypte a annoncé jeudi un moratoire de six mois sur les exportations de riz à compter du 1er avril, et, mercredi le Cambodge a gelé les exportations de riz, à l’exception de celles intervenant dans le cadre de l’activité des agences gouvernementales.
Les gouvernements d’Asie et ceux de nombreux pays d’Afrique consommateurs de riz s’inquiètent de longue date du fait qu’une hausse substantielle des prix pourrait générer une réaction de colère chez les habitants des villes aux faibles revenus.
« Des troubles ne sont pas à exclure, spécialement parce que les populations les plus affectées sont pauvres, urbaines et regroupées, et qu’ils peuvent plus facilement s’organiser que ne pourraient le faire par exemple des fermiers pour protester contre des prix trop bas, » affirmait Nicholas W. Minot, chargé de recherche senior à l’Institut de Recherche en Politiques Alimentaires Internationales de Washington. Différents facteurs contribuent à alimenter la hausse rapide des prix du riz. L’élévation du niveau de vie en Inde et en Chine s’est accompagnée d’une hausse de la demande. Dans le même temps, la sécheresse et d’autres problèmes climatiques ont réduit la production en Australie et ailleurs. De nombreux fermiers se tournent vers des productions plus rentables et réduisent les superficies agricoles affectées à la production de céréales. Urbanisation et industrialisation ont enfin réduit la quantité de terre consacrée à la riziculture.
Au Vietnam, un obscur virus a arrêté, depuis trois ans, la croissance jusque là continue des niveaux de production de riz. Selon Sushil Pandey, économiste agronome à l’Institut International de Recherche sur le Riz de Manille, jusqu’à ces dernières années, les probabilités d’évolutions rapides des prix étaient neutralisées par la tendance de nombreux gouvernements à constituer de larges réserves de riz afin de garantir leur sécurité alimentaire.

Vincent Bolloré : "la Dpw n’a pas la capacité d’amener le matériel nécessaire"


Malgré la cession du Terminal à containers du Port autonome de Dakar (Pad) à Dubaï World Port (Dpw), le groupe de Vincent Bolloré continue à marquer sa présence au Port autonome de Dakar (Pad). "Nous continuons à gérer le Port", assure l’entrepreneur français dans une interview parue dans la dernière édition de Jeune Afrique. Bolloré qui ajoute que "la Dpw qui a gagné (le marché), n’a pas la capacité d’amener le matériel nécessaire".
Malgré la signature d’un accord de concession du terminal à containers du Port de Dakar, la DPW, société des Emirats arabes Unis n’a toujours pas pris possession des quais à elle attribuée. Vincent Bolloré dont le groupe avait été écartée lors de la sélection revient sur cette affaire dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique : "nous sommes des industriels et nous regardons le long terme... Les affaires continuent et j’espère qu’à un moment, nous récupérerons le port", confie Bolloré à l’hebdomadaire parisien. Qui doute que la société des Emirats arabes Unis puisse respecter ses engagements : "on verra bien si Dubaï fait ce qu’il a dit, si les tarifs du port restent aussi bas que ce qu’ils l’étaient avec nous".
Bolloré dans l’expectative n’écarte cependant de collaborer avec la Dpw une fois qu’elle se sera définitivement installé au Sénégal. "On fera peut-être appel à nous en raison de notre expertise : il n y a pas beaucoup de gens qui connaissent aussi bien le Port de Dakar que nous et qui peuvent y amener des containers", assure Bolloré.
La Dpw envisage d’investir environ 500 millions d’euros (327 milliards de francs Cfa) dans le développement du port de Dakar, par la construction et l’équipement d’un nouveau terminal à conteneurs dans le cadre du projet d’extension de la plate-forme portuaire sénégalaise dénommé Port du futur. L’objectif des autorités sénégalaises est de faire de Dakar un port d’envergure régional avant 2010.