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mardi 7 octobre 2008

Mauritanie / UA: La junte s'explique devant l'Union africaine


Une délégation de la junte mauritanienne doit rencontrer mardi le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, à Addis Abeba afin d'expliquer notamment les raisons du refus de la junte de rétablir dans ses fonctions le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé le 6 août dernier. Une rencontre qui intervient au lendemain de l’expiration de l’ultimatum posé par l’UA à la junte.
Dialogue ne signifie pas modération coupable. Selon une source proche de l’Union africaine, la délégation mauritanienne est reçue parce qu’elle l’a demandé. Ses propositions, si elle en a, seront étudiées. Le retour à l’ordre constitutionnel reste une exigence, mais des aménagements pourraient être trouvés pour sa mise en œuvre.
La délégation, conduite par le ministre de la Justice de la junte, Bal Ahmedou Tidane, doit s’entretenir avec des responsables de l’organisation panafricaine, dont le président de la Commission Jean Ping.
La rencontre intervient au lendemain de l’expiration de l’ultimatum posé par l’UA à la junte. Celle-ci risque des sanctions et l’isolement diplomatique. Ce ne serait pas une première ; il y a quelques mois, l’UA a appliqué le même traitement au régime illégitime d’Anjouan, aux Comores. Le président autoproclamé, Mohamed Bacar, a ensuite été chassé du pouvoir par une force militaire panafricaine.
Une perspective peu envisageable pour la Mauritanie. De source diplomatique, l’UA est favorable à la poursuite du dialogue avec la junte, dans l’espoir d’aboutir à une sortie de crise légale.
Rfi.fr

ELECTIONS AUX USA: La bataille de la mobilisation fait rage sur Internet


Les sites de partage de vidéos, comme YouTube, et les réseaux sociaux (Facebook, MySpace, etc.) sont les outils-clés, sur Internet, de la campagne en cours. Mais d'autres instruments ou d'autres utilisations des mêmes outils sont apparus.
Bases de données. En 2004, les républicains avaient bénéficié de bases de données extrêmement sophistiquées. Ces bases avaient permis aux églises fondamentalistes traditionnelles de contacter les indécis à la dernière heure. Cette capacité à mobiliser les électeurs avait joué un rôle déterminant dans la réélection du républicain George Bush : le jour du vote, davantage d'électeurs s'étaient rendus aux urnes côté républicain. A l'époque, l'équipe du candidat démocrate, John Kerry, avait plutôt misé sur l'utilisation encore balbutiante des sites de réseaux sociaux.
En 2008, les républicains continuent de donner la priorité aux bases de données. Le choix de Sarah Palin comme candidate à la vice-présidence favorise la mobilisation des réseaux chrétiens conservateurs, qui n'étaient guère convaincus par le programme de John McCain. De leur côté, les démocrates disposent d'informations concernant 280 millions d'Américains.
Elles sont réunies dans Catalist, une base de données créée par Harold Ickes, un ancien conseiller du président Bill Clinton. Cette base contient des informations personnelles données volontairement par les intéressés. Ce qui signifie que ces données sont donc potentiellement plus précises et plus fiables que les autres.
Récolte de fonds. Le candidat démocrate, Barack Obama, bat tous les records avec 374 millions de dollars récoltés (275,5 millions d'euros), dont plus de la moitié a été récupéré via Internet. Et ce, souvent sur la base de dons modestes, inférieurs ou égaux à 200 dollars. Howard Dean, candidat malheureux à l'investiture démocrate en 2004, avait ouvert la voie en levant en ligne 27 millions de dollars. Mais c'est la première fois, en 2008, que les démocrates écrasent les républicains dans la collecte de fonds, en partie grâce à Internet : John McCain a jusqu'à présent amassé, au total, 145 millions de dollars.
Réseaux sociaux. Barack Obama accorde beaucoup plus d'importance que son rival républicain, John McCain, à ces réseaux et aux nouvelles technologies en général, qu'il utilise d'ailleurs de façon plus innovante. Le candidat démocrate a recruté Chris Hugues, cofondateur de Facebook : il "travaille" les 2 millions d'activistes inscrits sur le site MyBarackObama.com ainsi que ceux du site MySpace, Facebook, etc.
Ces activistes ont également organisé plus de 80 000 réunions de quartiers ou entre amis. A partir d'un autre site, baptisé OhBoyObama.com, tout internaute peut proposer à son tour des thèmes de campagne et ensuite voter pour les thèmes proposés qui lui semblent les plus pertinents.
SMS et "twits". Voulus par Scott Goodstein, un spécialiste en relations publiques, l'envoi systématique de Texto sur les téléphones portables informe en permanence des millions de militants et de sympathisants de tous les détails de la campagne. Par ailleurs, la technologie de Twitter permet de diffuser de façon instantanée de très courts messages entre le Web et un nombre illimité de téléphones portables.
En retour, les sympathisants peuvent informer les états-majors des deux candidats des incidents survenus durant le vote ou d'une faible participation à tel ou tel bureau électoral. Car la vraie bataille reste celle de la mobilisation au jour J de l'élection présidentielle. Lequel des deux candidats, le démocrate Barack Obama ou le républicain John McCain, arrivera à faire se rendre aux urnes le plus d'électeurs possible ?

lundi 21 avril 2008

EUROPE-USA-CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE: Les subventions agricoles au banc des accusés


Rfi.fr - Les subventions que versent les pays riches à leurs agriculteurs sont de nouveau au cœur de la polémique. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont été accusés par Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, de « pénaliser les pays pauvres et de contribuer à l’urgence actuelle ». Après les biocarburants, les subventions agricoles seraient responsables de l’aggravation de la crise alimentaire mondiale.
« Il est temps pour les nations les plus riches de repenser leurs programmes démodés de subventions agricoles » : l’appel a été lancé par Ban Ki-moon, ce dimanche, depuis Accra, où se tient la 12ème Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement (Cnuced). Les Etats-Unis et l’Union européenne sont particulièrement visés par cette attaque, alors que la crise alimentaire enfle et « pose une menace pour la stabilité de nombreux pays en voie de développement », comme l’a souligné le secrétaire général des Nations unies, dès son arrivée dans la capitale ghanéenne.
« Pratiques protectionnistes des pays riches »
Cet argument en faveur d’une suppression des subventions agricoles a été repris à la tribune par Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays milite depuis des années dans ce sens. Ce dimanche, le président brésilien a lancé : « Les principales victimes [des subventions] sont les fermiers les plus pauvres », et il a ajouté « nous devons rester vigilants face à la tentation de pratiques protectionnistes des pays riches ».
Les Etats-Unis et l’Union européenne dépensent en effet de lourdes sommes tous les ans pour soutenir leurs agriculteurs, concurrencés par les producteurs des pays du sud. Les marchés américains et européens se protègent également des importations agricoles et agroalimentaires, en imposant des droits de douanes et des taxes élevés aux produits étrangers. Deux pratiques aujourd’hui mises en cause par les pays du Sud et par l’ONU, qui les accusent d’aggraver la crise alimentaire mondiale.
Subventions et protections douanières
L’Union Européenne consacre environ 40% de son budget à sa Politique agricole commune (PAC), soit environ 50 milliards d’euros, dont une partie est distribuée aux agriculteurs européens sous forme de subventions. De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis consacrent environ 90 milliards d’euros au soutien de leur secteur agricole. UE et Etats-Unis pratiquent également des droits de douane très élevés, afin de décourager les importations sur leurs marchés respectifs. L’Union Européenne impose par exemple des taxes qui peuvent s’élever jusqu’à 430% sur certains produits agroalimentaires.
Ces mesures s’apparentent à de la concurrence déloyale clament les pays du Sud, comme l’Inde et le Brésil. Et au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ils tentent d’obliger les Etats-Unis et l’Union européenne à diminuer leurs aides aux agriculteurs ainsi que leurs barrières douanières.
Or les négociations du cycle de Doha, entamées en 2004 et qui doivent théoriquement aboutir à une plus grande libéralisation des marchés agricoles, sont au point mort, précisément en raison d’un affrontement « Nord-Sud » sur cette question.
UE « puissance agricole forte » ?
Les plaidoiries brésiliennes et onusiennes en faveur d’une baisse, voire d’une suppression, des subventions agricoles, interviennent également alors que l’Union européenne procède actuellement à un « bilan de santé » de sa Politique agricole commune, dont le budget pourrait être sensiblement réduit après 2013. Ce qui ne satisfait pas les grands pays agricoles européens, au premier rang desquels la France (premier producteur agricole de l’UE), dont le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a de nouveau appelé la semaine dernière à une Europe « puissance agricole forte », à laquelle il propose de « produire plus et mieux ».
Les appels lancés ce dimanche depuis Accra viennent au contraire renforcer la position de la Grande-Bretagne, qui prône depuis longtemps une baisse des subventions agricoles dans l’Union européenne. Quant à la responsabilité des subventions européenne dans la crise alimentaire mondiale évoquée par Ban Ki-moon et le président Lula, Jean-Dominique Giulani, président de la Fondation Schuman est formel : « Je ne crois pas que la politique européenne contribue à la hausse des prix, au contraire elle contribue à stabiliser le marché ».
D’autant, rappelle cet expert, que l’Union européenne distribue 60% de l’aide au développement et 70% de l’aide alimentaire dans le monde. Mais la crise alimentaire mondiale, et la réunion de la Cnuced à Accra, ont néanmoins permis au Brésilien Lula de défendre les biocarburants, dont le pays s’est fait le champion, et de condamner « les pratiques protectionnistes » des pays du Nord.

USA-INVESTITURE DEMOCRATE: Le Financial Times choisit Barack Obama


Reuters - Barack Obama, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre aux Etats-Unis, a reçu dimanche le soutien du Financial Times, à l’avant veille de la primaire potentiellement décisive de Pennsylvanie.
"Après le scrutin de mardi, les démocrates doivent agir rapidement pour désigner M. Obama. Il est en fait, le meilleur candidat", peut-on lire dans les colonnes du quotidien.
Hillary Clinton, qui brigue également l’investiture démocrate, a quant à elle obtenu le ralliement du Pittsburg Tribune-Review, dont l’éditorialiste a financé plusieurs enquêtes du camp conservateur sur elle et son époux, lorsqu’il était à la Maison blanche.
"La décision de Clinton de s’asseoir avec le (comité éditorial du) Trib était courageuse, étant donné nos vieilles critiques à son égard. Le courage politique est essentiel pour un président. Clinton en a fait la preuve. Obama ne l’a pas", affirme dimanche son éditorialiste.
La plupart des observateurs font de la sénatrice de New York la favorite de la primaire de Pennsylvanie, mais la marge avec laquelle elle pourrait l’emporter fait débat.
"OBSCÈNE"
Acquis à sa cause, le gouverneur de l’Etat, Edward Rendell, a souligné qu’Obama avait dépensé 3,5 fois plus que Clinton en frais de campagne en Pennsylvanie.
Selon lui, l’équipe de campagne du sénateur de l’Illinois a notamment investi 2,9 millions de dollars dans des spots télévisés pendant la dernière semaine.
"C’est presque obscène", a-t-il affirmé sur la chaîne CBS. "De ce fait, gagner avec une avance de quatre, cinq, six ou sept points dans de telles conditions serait (pour Hillary Clinton) une grande et remarquable victoire."
L’état-major du sénateur de l’Illinois, qui a annoncé dimanche avoir levé 42 millions de dollars en mars, a réagi en soulignant que Clinton aurait besoin de s’imposer avec des écarts bien plus importants lors des dix votes restants pour remporter la course aux 2.025 délégués nécessaires à l’investiture.
En campagne à Reading, Obama a affirmé dimanche que les deux candidats démocrates seraient meilleurs que le républicain John McCain. "Et tous trois serions meilleurs que George Bush", a-t-il ajouté.
"Nous avons besoin d’un candidat qui s’attaque à John McCain, pas qui l’acclame", a rétorqué Clinton, lors d’un meeting à Johnstown.

mercredi 16 avril 2008

Crash meurtrier d’un avion en RDC: 33 morts et une centaine de blessés à Goma


Plusieurs dizaines de personnes ont succombé, mardi, dans l’accident d’un avion de ligne d’une compagnie privée de République démocratique du Congo (RDC). L’avion, un DC9 de la compagnie privée Hewa Bora, qui se rendait à Kinshasa, s’est écrasé mardi 15 avril vers 14H30 locales (12H30 GMT), peu après son décollage de Goma (est), à la limite entre le bout de la piste et le quartier populaire de Birere.
Après avoir effectué quelque 100 mètres, rasant tout sur son passage, le DC9 de la compagnie privée Hewa Bora s’est écrasé sur un pâté d’habitations situé au bout de la piste. Aucun bilan officiel n’a encore été donné pour l’instant mais, selon les premières informations, il y a six survivants dont le pilote, un membre d’équipage et deux petits enfants. Un colporteur que l’avion a écrasé dans sa chute a quand même pu en réchapper. « Il y avait une centaine de personnes à bord. Il y a six survivants, parmi lesquels le pilote et le co-pilote », indique un agent de la tour de contrôle de l’aéroport de Kinshasa, qui centralise toutes les données envoyées par Goma.
Pour sa part, Thomas Oleko, un des responsables de la Régie des voies aériennes à l’aéroport de Goma a déclaré : « C’est un avion de ligne. Il y avait beaucoup de monde à bord. On fait tout pour accéder à l’avion, mais il est en feu. Le carburant est en train de brûler et on a peur d’une explosion ». D’autres sources n’excluent pas qu’il y ait plus d’une centaine de morts. « L’avion avait à son bord une centaine de passagers et il est tombé dans un quartier populaire en pleine journée, et le bilan dépasserait logiquement plusieurs dizaines de victimes », déclare un responsable de l’administration de la ville de Goma. Des témoins ont vu « de nombreux passagers qui étaient restés piégés dans l’appareil en flamme après qu’il se soit écrasé ».
Un accident spectaculaire et meurtrier
Un rescapé témoigne des circonstances de l’accident. « J’étais sur le chemin de retour vers Kinshasa parce que ma mission était finie. Quand l’avion a fait le taxi pour son décollage, il y a eu crevaison. Nous l’avons entendu de l’intérieur. L’avion avait déjà atteint la vitesse de décollage. Après la crevaison, il a commencé à freiner. Tellement que la vitesse était déjà très grande, on s’est retrouvé là où vous voyez, contre l’obstacle. Quand l’avion a touché, je ne sais pas ce qu’il a touché, j’ai replié en arrière, et j’ai trouvé une ouverture. C’est là où je me suis lâché. C’était juste dans une maison que l’avion avait déjà écrasée. A partir de là, l’avion est passé. Moi je suis resté. »
Des équipes de sapeurs-pompiers de la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) ont été dépêchées sur place. Tout au long de la journée on pouvait apercevoir un important panache de fumée noire et de flammes s’élever des lieux de l’accident, dont l’accès était très difficile.

PROFIL DE RAMA YADE: rebelle ou stratège ?


Le Monde - Gaffeuse ou frondeuse ? Ambitieuse ou impétueuse ? Rama Yade, 31 ans, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme, benjamine du gouvernement et chouchoute du Président, flirte avec la ligne jaune du diplomatiquement correct. Risque-t-elle la sortie de route ? Dernier accrochage en date, une interview au « Monde » *, où elle affirme que Nicolas Sarkozy n’assistera à la cérémonie des J.O. de Pékin qu’à trois « conditions ».
Rama Yade dément avoir employé ce terme lourd de sens. Trop tard, la déclaration colle à son image. « Tout le monde pense que je vais prendre une position extrême dès qu’il y a un problème quelque part », dit-elle, agacée que personne ne s’intéresse à son travail quotidien en faveur des droits de l’homme.
A travers ses déclarations, préparerait-elle le terrain, en sondant l’opinion pour le Président ? Quelques jours après l’interview de sa secrétaire d’Etat, Nicolas Sarkozy affirme qu’il déterminera « les conditions » de sa participation à la cérémonie d’ouverture. Alors, fausse gaffe ? Rama Yade reconnaît être la seule du gouvernement à s’« être fait convoquer deux fois en quelques mois ». La première, en septembre, par Matignon après sa visite à des squatters expulsés d’Aubervilliers. La deuxième par l’Elysée en décembre. La veille de la visite du président Kadhafi, elle avait déclaré : « [Il] doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. » Une prise de parole risquée, mais finalement payante. « Sa cote de popularité a grimpé juste après, observe Fayçal Douhane, membre du conseil national du PS et des clubs Averroes et XXIe siècle (comme elle). Elle dit ce que la majorité des Français pensent. » De son côté, Robert Ménard, de Reporters sans frontières, apprécie « ses impairs et ses cafouillages qui la rendent sympathique ». En pleine crise Kadhafi, Axel Poniatowski, président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée, affirme : « J’adhère à la quasi-totalité de ce qu’a dit Rama Yade. » Et Ségolène Royal qualifie ses déclarations de « courageuses et fermes ». Soutenue par la droite, bien vue par les ONG, Rama Yade semble plutôt en bonne posture...
Alors, ces écarts de conduite ne seraient-ils pas en réalité des dérapages ultracontrôlés ? « Après Aubervilliers, certains ont dit “c’est normal, elle est jeune”, mais tout ce que je dis ou fais est pesé, contrôlé, analysé, je suis entourée de diplomates », répond l’intéressée. « En tant que secrétaire d’Etat, son poids est minime, analyse Mariette Sineau, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences-Po. Elle est sous contrôle, comme la plupart des membresdu gouvernement. » Sa marge de manoeuvre est réduite. « Je suis la ligne du Président, confirme Rama Yade, j’irai jusqu’où il voudra qu’on aille. » Et il la soutient pour l’instant. Car « Rama Yade représente un attribut symbolique important, ajoute Mariette Sineau. C’est une femme jeune, élevée en banlieue, diplômée de Sciences-Po, représentante des minorités visibles ». Et jouissant d’une réelle autonomie ? « Elle est facilement instrumentalisée par le gouvernement », rétorque Mariette Sineau. Ses mots de travers ? Démentis ou non, ils tombent souvent à pic. « Elle représente la petite voix qui proteste, ajoute la politologue. Elle incarne cette touche de diversité d’opinion au sein du gouvernement qui peut s’avérer politiquement utile. » Une parole qu’il peut facilement reprendre à son compte.

mardi 8 avril 2008

AFFRONTEMENT ENTRE ARMEE ET ISLAMISTES: Sidi Ould Sidna, meurtier présumé des touristes français, aurait été tué


Les affrontements entre l’armée mauritanienne et djihadistes ont causé la mort ce mardi d’au moins deux personnes, dont Sidi Ould Sidna. Il était l’un des trois tueurs présumés des touristes français abattus en décembre dernier.
L’armée et la police mauritanienne ont donné l’assaut en début de matinée contre un groupe d’islamistes retranchés depuis lundi dans une maison de Nouakchott, la capitale mauritanienne.
Selon un bilan provisoire, l’attaque aurait fait huit blessés et deux morts dont un policier. Un islamiste aurait aussi été « criblé de balles ». « A 80%, nous pensons qu’il s’agit de Sidi Ould Sidna », assure une source sécuritaire.
Si tel est le cas, ces affrontements mettent fin à sa cavale. Arrêté le 11 janvier dernier à Bissau (Guinée), il s’était évadé le 2 avril du palais de justice peu après son audition. Depuis lundi, sa tête était mise à prix pour la somme de 13.000 euros.
Agé d’une vingtaine d’années, l’homme était accusé de l’attaque de cinq touristes français à Aleg (au sud-ouest de la Mauritanie) le 24 décembre dernier. Quatre d’entre eux ont été tués, le cinquième blessé. Avant son évasion, il a reconnu les faits, déclarant qu’il n’exprimait « aucun remord ».
Depuis décembre 2007, la recrudescence des attentats terroristes en Mauritanie a des conséquences non négligeables sur le tourisme. Relativement épargné par le terrorisme, le pays a fait l’objet depuis plusieurs mois d’attaques de groupes salafistes.
Au cours de l’une d’entre elles, trois militaires mauritaniens ont trouvé la mort, le 27 décembre, dans le nord-est du pays. Le 1er février, ce sont trois Français qui ont été blessés dans une attaque contre l’ambassade d’Israël à Nouakchott.
Le Paris-Dakar, qui devait fêter ses 30 ans cette année, a été annulé pour la première fois de son histoire suite à des menaces sérieuses d’Al Qaida qui pesait sur l’événement.

mardi 1 avril 2008

NOUVELLES TENSIONS ENTRE SOUDAN ET TCHAD: Déby accuse El Bachir d’avoir violé l’accord de Dakar

(Reuters) - Le Tchad a accusé le Soudan d’avoir rompu leur pacte de non-agression, à peine signé, en envoyant des rebelles tchadiens attaquer mardi à l’aube une localité à la frontière commune, ce que Khartoum dément.
"Les mercenaires ont franchi la frontière sur ordre du régime soudanais pour attaquer la localité d’Adé", a annoncé le ministère tchadien de la Défense, en précisant que l’armée tchadienne avait "repoussé l’ennemi qui est en totale débandade".
Selon le ministère de la Défense, il s’agit d’une violation caractérisée du pacte de non-agression signé mois dernier à Dakar par le président soudanais Omar Hassan al Bachir et son homologue tchadien Idriss Déby.
Dans ce document, conclu grâce à une médiation du président sénégalais Abdoulaye Wade et en présence du secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon, Bachir et Déby s’engagent à empêcher les rebelles de chaque pays d’utiliser le territoire de l’autre pour leurs attaques.
Les rebelles tchadiens ont récusé cet accord, affirmant qu’il ne les empêcherait pas de poursuivre leurs opérations militaires pour tenter de renverser le régime de Déby, malgré l’échec de leur attaque du début février contre N’Djamena, la capitale.
Un porte-parole de l’armée soudanaise à Khartoum a "démenti catégoriquement" que le Soudan soit impliqué dans l’attaque d’Adé et assuré qu’il respectait tous ses accords avec son voisin occidental.
"Le Soudan n’a soutenu aucune attaque rebelle contre la ville d’Adé. Les forces armées soudanaises ne jouent aucun rôle dans ce qui se passe au Tchad. C’est une affaire intérieure", a-t-il déclaré à Reuters.
Le gouvernement tchadien, qui a informé les ambassadeurs en poste à N’Djamena de l’attaque d’Adé, a appelé la communauté internationale à oeuvrer à la prévention des agressions armées contre le territoire de l’ancienne colonie française.
Un porte-parole de l’Eufor, la force militaire de l’Union européenne récemment déployée dans l’est du Tchad pour protéger les civils, les réfugiés et les travailleurs humanitaires, a déclaré n’avoir aucune information sur cette attaque.
La localité d’Adé est située près de la frontière avec la province soudanaise en guerre du Darfour, sur la route conduisant à Goz-Beïda, où les Nations unies gèrent un camp de réfugiés soudanais et de Tchadiens déplacés. Version française Marc Delteil

vendredi 21 mars 2008

FRANCE-AFRIQUE:Bongo et Sassou auraient exigé la peau de Bockel


(Avec l’Afp) - Le limogeage du secrétariat d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel serait lié à des pressions exercées par des chefs d’Etat africains sur l’Elysée. Une source diplomatique à Paris a indiqué à l’AFP qu’"il y a eu des pressions de chefs d’Etat africains au plus haut niveau pour avoir la tête de Bockel", citant le Congo et le Gabon.
Un ministre français ayant requis l’anonymat n’a pas exclu mercredi "qu’il y ait eu des pressions, notamment d’Omar Bongo, pour faire partir Bockel du Quai d’Orsay". M. Bockel avait lui-même indiqué en février, dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’"il y a eu, en effet, quelques coups de fil" de chefs d’Etat africains ou de leur entourage à l’Elysée, après son discours sur la Françafrique.
Jean-Marie Bockel a affirmé jeudi "ne pas retirer un mot" de ce qu’il avait pu dire sur les relations entre la France et les régimes africains au secrétariat d’Etat à la Coopération, récusant toute idée de "rétrogradation" dans son passage à celui des Anciens combattants. "Je ne retire pas un mot de ce que j’ai pu dire dans mes fonctions. Je considère que ce que j’ai pu faire et dire a été utile et que mon passage n’aura pas été indifférent et que j’aurai modestement contribué à ce changement de la relation entre la France et l’Afrique", a déclaré MM. Bockel lors de la cérémonie de passation de pouvoirs avec son prédécesseur aux Anciens combattants Alain Marleix. "J’ai fait du bon travail à la Coopération. Tout ce que j’ai pu dire a toujours été soutenu et conforté par le président de la République notamment dans son discours du Cap", lors duquel Nicolas Sarkozy avait annoncé fin février son intention de renégocier tous les accords militaires de la France en Afrique, a ajouté M. Bockel.
Jean-Marie Bockel, né le 22 juin 1950 à Strasbourg, est un avocat et un homme politique français. Ancien membre du parti socialiste, il a été secrétaire d’État auprès du ministre du commerce entre 1984 et 1986 dans le gouvernement de Laurent Fabius, puis a été élu maire de Mulhouse en 1989, et sénateur du Haut-Rhin en 2004. La dernière fonction qu’il a exercée est celle de secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie auprès du ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon.